Notre partenaire, l’APEF
Alors qu’en 1996 débute la première guerre du Congo, deux femmes, Zita Kavungirwa et Nunu Salufa, décident de se mobiliser pour les femmes de la ville de Bukavu et fondent l’Association pour la promotion de l’entreprenariat féminin.

Pour elles, l’émancipation des femmes et la redéfinition de leur place dans la société passent par la fin de leur dépendance économique vis-à-vis des hommes. L’APEF accompagne ainsi les femmes aux faibles revenus travaillant dans le secteur informel afin qu’elles puissent augmenter leurs moyens d’existence et améliorer leur position économique et sociale. L’APEF soutient et accompagne aujourd’hui 84 associations de femmes à Bukavu, soit 2 000 femmes et leurs familles, ainsi que 42 groupements ruraux comptant environ 1 100 ménages, soit 5 500 personnes.
Notre projet de soutien aux femmes de Bukavu :
Nous agissons ensemble depuis 25 ans, et menons un projet de renforcement de l’empowerment socioéconomique et politique des femmes de Bukavu depuis 2017 en trois phases de trois années.

Les évolutions du projet :
- Phase 1 (2017-2019) : Renforcer les capacités socio-économiques et politiques des femmes de Bukavu en situations de vulnérabilités pour contribuer à leur empowerment.
- Phase 2 (2021-2024) : Intégrer des hommes aux formations sur la masculinité positive ; diversifier des formations pour renforcer l’empowerment collectif ; créer différentes formes de micro-entreprises, individuelles et collectives.
- Phase 3 (2025-2027) : Sensibiliser des hommes au planning familial et aux violences domestiques ; pérenniser les activités génératrices de revenus, au niveau individuel et collectif ; renforcer l’autonomisation des femmes et des groupes dans leurs différentes formes de micro-entreprises.
Le contexte du pays et projet
La République Démocratique du Congo figure parmi les pays les plus vulnérables du continent africain, et se trouve au 8ème rang des pays les plus pauvres de la planète. Possédant des millions d’hectares de terres arables, ainsi qu’un sous-sol très riche en minéraux et métaux précieux, le pays pourrait pourtant devenir l’un des pays les plus riches du continent. Par ailleurs, malgré les différentes lois et protocoles internationaux adoptés par le gouvernement en vue de réduire les inégalités de genre, la RDC continue d’être un pays fortement inégalitaire et discriminatoire à l’égard des femmes.

La violence conjugale est par ailleurs largement acceptée socialement. On observe une situation similaire à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, où intervient le projet. Les femmes sont confrontées à des situations de grandes vulnérabilités socio-économiques, à des inégalités structurelles et à des rapports de subordination. Dans la plupart des cas, celles-ci développent une relation de dépendance vis-à-vis de leur mari qui assure seul la gestion du revenu familial et la prise de décision au sein des ménages.
La province du Sud-Kivu est sujette à un climat de violence et de conflits armés qui sèment la terreur depuis les années 90. De plus, la ville de Bukavu voit un accroissement massif de sa population du fait de l’exode rural causé par les conflits. Et les femmes sont les premières victimes des conflits armés et confrontées à de grandes vulnérabilités socio-économiques. La situation sécuritaire du Sud-Kivu s’est fortement dégradée avec la prise de contrôle de la ville par le M23 en février 2025.

Après une suspension des activités pour la sécurité des équipes et des personnes accompagnées, elles ont progressivement repris en juin en dépit d’un contexte politique, économique et social difficile. Par ailleurs, l’APEF a mené une campagne de sensibilisation aux violences de genre liées au numérique (cyberviolences et cyberharcèlement). La reprise des activités témoigne de la capacité de notre partenaire à maintenir ses actions de solidarité.
Malgré le contexte, en 2025 :
- 20 femmes ont participé aux formations émancipatrices, en coupe-couture et en entrepreneuriat.
- 20 femmes ont démarré les classes d’alphabétisation en swahili.
- 12 hommes ont intégré un cercle de parole sur les masculinités positives.
Les objectifs de cette troisième phase :
- Renforcer les femmes sur leurs droits et leur pouvoir d’agir grâce à des formations techniques, émancipatrices et entrepreneuriales.
- Accompagner les femmes dans le développement de leur activité génératrice de revenus pour une insertion socio-économique au niveau individuel et collectif.
- Accompagner les femmes à renforcer leurs capacités en plaidoyer afin qu’elles mènent des actions de changement social sur leur territoire.
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