Systèmes d’épargne et de crédit solidaires : quand la solidarité s’auto-organise

Un peu d’épargne peut tout changer : dans de nombreux pays où l’accès au crédit reste limité, des groupes de personnes s’organisent pour créer leurs propres systèmes solidaires, simples et autonomes. Du Pérou au Rwanda, en passant par Haïti et le Sénégal, ces initiatives locales permettent à ces personnes de financer soins, scolarité ou petites activités, et de renforcer leur pouvoir d’agir. Plongez dans ces solutions collectives qui transforment le quotidien grâce à la force du soutien mutuel, de l’épargne solidaire et des dynamiques collectives.

“Les tontines”  : l’épargne solidaire qui renforce les collectifs paysans rwandais

Avec nos partenaires rwandais Duhamic-Adri et Adenya, notre projet Récasé a permis aux collectifs paysans du sud‑ouest de créer des “tontines” solides grâce à la sensibilisation à l’épargne et aux formations. Ces “tontines” sont des caisses d’épargne et de prêt qui permettent d’améliorer l’accès aux soins, à la scolarité et à l’alimentation, tout en renforçant la solidarité entre ses membres. Elles soutiennent aussi de petites activités génératrices de revenus et l’autonomie financière des femmes. L’utilisation d’outils simples (registres, livrets, codes couleurs) rendent le système accessible à toutes et tous.

“Les calebasses” : l’entraide solidaire entre paysans au Sénégal

Les calebasses de solidarité renforcent l’entraide locale grâce à des apports anonymes utilisés pour accorder des prêts sans intérêts pour la santé, l’alimentation ou l’éducation. Gérés collectivement et accompagnés par l’UGPM, ces groupes reposent sur la confiance, des règles partagées et une gestion transparente. Les résultats sont visibles : un accès facilité aux services essentiels, une meilleure alimentation, une solidarité renforcée et de petites activités génératrices de revenus. Malgré quelques défis, cette pratique inspire de nouvelles dynamiques d’autonomie. Aujourd’hui, 60 calebasses sont actives.

Les “AJEC” : l’auto-financement des jeunes artisan·e·s à Dakar

Avec notre partenaire CONCEPT, à travers notre projet FAJA, nous accompagnons des jeunes artisan·e·s de Dakar vers plus d’autonomie, via des formations, des ateliers et des actions citoyennes. Au cœur des formations en “compétences de vie”, les AJEC (Associations de Jeunes pour l’Épargne et le Crédit) leur apprennent à gérer leur épargne, leurs fonds entrepreneuriaux et à prendre de meilleures décisions. Ces ateliers renforcent aussi leurs valeurs, leurs rêves et leurs projets de vie.

Les “Banquitos” et “Juntas” : l’épargne solidaire qui change la vie à Mariategui

Avec notre projet de soutien aux femmes de Mariategui à Lima avec notre partenaire CENCA, de nombreux banquitos communales et Juntas ont pris forme. Les banquitos fonctionnent comme une épargne‑crédit solidaire : certaines femmes boostent même le capital en lançant ensemble de petites activités (souvent de la vente de nourriture). Les Juntas, elles, reposent uniquement sur la confiance : chaque membre cotise régulièrement, et la cagnotte tourne d’une personne à l’autre selon un ordre défini. Deux systèmes différents, un même objectif : renforcer l’entraide et l’autonomie économique.

Les “AVEC” : soutenir financièrement les femmes en RDC

Notre partenaire congolais l’APEF a mis en place 5 “AVEC” (Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit) pour les femmes accompagnées par notre projet. Chaque groupe réunit environ 25 femmes et démarre avec un fonds initial fourni par le projet. Ensuite, ce sont elles qui décident : montant de l’épargne, règles des prêts, fonctionnement du groupe. Grâce aux AVEC, les femmes peuvent financer leurs activités génératrices de revenus, en couture ou dans d’autres petits métiers. Un outil simple, collectif et puissant pour gagner en autonomie économique.

Les “MUSO” : renforcer la résilience paysanne en Haïti

17 MUSO (mutuelle solidaire) ont été créées ou renforcées lors de la dernière phase de notre projet Ranfo Lavi Peyizan mené avec le MPP (Mouvement Paysan Papaye). Dans les zones rurales haïtiennes, où l’accès aux banques est très limité, ces mutuelles jouent un rôle clé en offrant épargne collective, petits crédits et soutien aux activités génératrices de revenus. Les formations ont renforcé leur gestion, la tenue des registres et la transparence, consolidant la confiance. Ancrées dans des pratiques locales, les MUSO aident les membres, surtout les plus vulnérables, à faire face aux urgences et à avancer dans leurs projets.


60 ans d’actions, 60 ans d’engagement, soutenez nos actions, rendez-vous sur fdh.org