Une dynamique qui dure pour un projet très organisé

Comme dans les autres projets menés par Frères des Hommes, la dynamique qui s’est installée ne s’arrête pas à la date officielle de fin. C’est encore plus vrai avec ce projet. Installé à Nyagisozi, Faustin Burindwi le sait mieux que personne : « Le programme comme l’élevage, les formations, ne peuvent pas s’arrêter car le projet est terminé, on s’est organisé et on va continuer à accompagner les autres pour qu’ils puissent continuer. »L’organisation très poussée du projet a permis, une fois les paysans formés, que se crée une certaine autonomisation.

Beaucoup d’interaction

« J’ai une responsabilité financière », dit Faustin, président d’un des comités représentatifs, qui regroupe une quinzaine de paysans,« je gère les fonds du comité, j’anime, je fais les comptes rendus. » Le rôle du président est important, « c’est vers lui que se tournent les paysans quand il y a un problème, par exemple avec un animal », dit Cancilde Uamposo.

Ce système développe beaucoup d’interaction, c’est ce que confirme Ntawukuriryayo Edison, un paysan membre du comité de Kigoma. Exemple de cette interaction et solidarité paysanne, le projet a mis en place une tontine, laquelle perdure aujourd’hui. Tous les mois, chaque paysan du comité participe au pot commun : « C’est un groupe d’épargne et de crédit en fait, que les paysans remboursent avec un intérêt de 10% », dit Faustin. Le 15 et le 30 du mois, ils font ensemble et en toute transparence le bilan de la tontine et de sa gestion.

Selon les besoins de la communauté

Autre pratique collective du projet qui perdure, la porcherie collective. « C’est
comme une école, on apprend aux paysans à élever leurs porcs, ils voient comment les autres font. » Il en va de même avec les « initiatives-pilotes » qui sont un symbole de la durabilité du projet et de l’implication des paysans. Une initiative-pilote se construit selon les besoins de la communauté, principalement autour des écoles ou des centres de santé. Dans l’école de Kigoma, Alexis Nshimiyimana, son directeur, l’explique : « On a fait une réunion avec les parents, les autorités locales. Il y avait un problème de malnutrition des élèves, donc on a planté des légumes, des arbres fruitiers, des bananiers. Les parents viennent nous aider et on peut participer à la nutrition des enfants. On a économisé beaucoup sur les dépenses en repas des élèves. Non seulement on les nourrit mieux mais ils apprennent à cultiver et transmettent ces techniques chez eux. »