Pépinière de la solidarité internationale : « Un gros travail de fait pour s’adapter à la situation »

Crise sanitaire, limitation des déplacements, interdiction des rassemblements, nouveaux objectifs, la Pépinière de la solidarité internationale de Frères des Hommes a beaucoup évolué. Sa coordinatrice, Estelle Bergerard, a fait le point sur une année de transformation.

Le contexte social, sanitaire est maintenant très différent, comment s’est adaptée la Pépinière ?
La crise sanitaire a impacté les bénévoles des équipes locales de la Pépinière qui n’ont pas pu se réunir en présentiel. Les temps collectifs comme les formations ou même l’assemble générale de Frères des Hommes, qui est en général ouverte à la militance, n’ont pas non plus eu lieu en présentiel. La crise a ensuite eu, évidemment, un impact à l’étranger, en fonction des contextes locaux de nos partenaires, des interdictions de déplacement, voire des priorités données à l’urgence sanitaire plutôt qu’à l’accueil de potentiels Pépins-porteurs de projets.
Mais les équipes de la Pépinière sont restées fortement mobilisées, elles ont continué à échanger et se former à distance, avec une petite ouverture entre septembre et novembre, au moment du déconfinement, où nous avons pu organier le weekend de rentrée des équipes. Ce qui aussi redonné du sens et de l’envie.
En mars 2020, deux Pépins étaient sur le terrain, en Bolivie et au Sénégal. Ils ont dû rentrer plus tôt et ceux qui avaient rejoint la Pépinière entretemps ont dû reporter leurs déplacements sur le terrain. De notre côté, les salariées, il y a eu un gros travail de fait pour s’adapter à la situation. L’ensemble des formations a été adapté au format à distance, plus court, avec d’autres modalités d’animation. Nous avons pu maintenir la dynamique et lancer des choses nouvelles, notamment la « communauté de Pépins » initiée en juin de l’année dernière et qui se concrétise cette année. Son objectif est de réunir d’anciens Pépins et des Pépins en cours d’accompagnement pour échanger sur leurs pratiques et leur vécu. Et enfin 3ème adaptation : la possibilité d’une Pépinière 2.0, décarbonée, sans se rendre sur le terrain pour réaliser son projet. Nous en sommes à un stade très expérimental. Ce qui est intéressant c’est de souligner que les partenaires étrangers sont associés à cette réflexion.

La Pépinière est présente à Bordeaux, Saint Etienne, Nantes et Paris, est ce que d’autres villes vont l’accueillir ? Comment se passe la vie de ces équipes locales, comment s’organisent-elles ?
On ne souhaite pas avoir des équipes de 50 personnes qui sont lourdes à faire fonctionner, mais plutôt scinder ces équipes en 2. Il pourrait y avoir deux ou trois équipes à Paris ou à Bordeaux. On peut aussi imaginer des configurations régionales avec par exemple 3 équipes entre Saint-Etienne, Lyon et Grenoble. Les bénévoles de la Pépinière sont assez mobiles, donc nous allons voir si on peut profiter de cette mobilité. Au niveau de la vie des équipes, celles-ci organisent régulièrement des temps d’accueil, qui recommencent à être en présentiel. Ensuite ils se réunissent entre membres d’équipe une fois par mois. Le dialogue entre le tuteur et le Pépin lui se fait de manière autonome. Ce qu’on voit de plus en plus c’est un « double accompagnement » : deux tuteurs, un par exemple de Nantes et un autre de Paris, vont accompagner ensemble un Pépin. Ça a permis à certains tuteurs de rester mobilisés cette année. Ce que nous cherchons en 2022 c’est que les équipes puissent organiser des évènements de sensibilisation au niveau local, notamment à partir de leur expérience dans l’accompagnement des projets.

Comment sont impliqués les partenaires de Frères des Hommes ?
Tous les partenaires de Frères des Hommes sont impliqués dans la Pépinière. A l’exception de l’APEF en RDC car on ne peut pas envoyer de Pépins pour des raisons de sécurité. Les partenaires ont un rôle d’accueil et d’accompagnement, il y a par exemple un référent Pépinière au sein de chaque organisation qui va accompagner le Pépin à co-construire son projet et organiser l’accueil sur le terrain. Ensuite les partenaires sont impliqués dans la structuration de la Pépinière, donc plus sur le fond. Il y a aussi des connections qui se font avec le collectif Former pour transformer. C’est une implication qui est totalement bénévole de leur part. Nous voudrions aussi élargir la possibilité d’accueil des Pépins en se basant sur les réseaux dont sont membres nos partenaires.