Une pluralité de réalités, pour une convergence des défis
Du Pérou à Haïti, en passant par le Sénégal jusqu’à la France, les contextes changent mais une chose reste constante : les inégalités déterminent qui subit le plus violemment les crises écologiques.
Faire de la transition écologique un outil de justice sociale est une nécessité qui dépasse les frontières. Cette vision s’appuie notamment sur l’accès à une alimentation saine, sur la préservation des ressources naturelles et sur l’autodétermination des peuples. Parce qu’il n’y a pas de justice sociale sans justice écologique, et pas de justice écologique sans lutte contre les inégalités. En effet, une transition écologique n’a de sens que si elle est juste pour toutes et tous.
Nos actions en faveur de l’émancipation et du vivant
En France : agir localement en faveur de l’environnement

Ramassage de déchet à Paris / ©FDH
En France, nos bénévoles portent des dynamiques solidaires locales inspirées de nos partenaires internationaux. Les journées de ramassage de déchets organisées à Dakar par les jeunes du projet FAJA (CONCEPT), ont notamment inspiré nos bénévoles ainsi que les jeunes accompagné·e·s par le centre social Torcy de l’École Normale Sociale, qui ont à leur tour mené une actionsimilaire.
Au Pérou : des jardins qui nourrissent et libèrent

Rosalia Juarez, une femme accompagnée par CENCA au Pérou posant devant son potager en agriculture urbaine, créé dans le cadre du projet « Huertera a Huertera » / ©FDH
Dans le quartier précaire de José Carlos Mariátegui, dans les hauteurs de Lima, où l’isolement, le manque d’infrastructures et la rareté de l’eau rendent l’agriculture presque impossible, le programme Huertera a Huertera (CENCA et Frères des Hommes) forme depuis 2022 des promotrices environnementales qui diffusent des techniques d’agroécologie adaptées aux terrains instables et aux ressources limitées. Ces petits potagers améliorent l’alimentation des familles, mais deviennent surtout des espaces de solidarité où les femmes échangent, se soutiennent et gagnent en confiance en abordant des sujets comme leur place dans le foyer, les difficultés économiques ou les violences subies. Ce programme ouvre aussi l’accès à d’autres espaces et formations (entrepreneuriat, couture, coiffure) faisant de l’agriculture urbaine un véritable levier d’autonomie personnelle et économique.
En Haïti : des collectifs paysans se mobilisent pour la préservation de leur territoire

Une séance de la formation en agroécologie / ©FDH
Le travail mené en Haïti par le Mouvement Paysan Papaye témoigne aussi de ce lien tenu entre justice sociale et environnementale. Grâce aux formations et aux actions portées par les comités citoyens, les groupements paysans et les brigades agrosylvicoles, les habitant·e·s reprennent pouvoir sur leur territoire en restaurant la biodiversité, en améliorant leur cadre de vie et en adoptant des pratiques durables comme l’agroécologie, le compostage ou le recyclage. En cultivant le sol, en reboisant et en valorisant leurs ressources locales, ils et elles, et tout particulièrement les jeunes, renforcent leur autonomie économique et sociale tout en régénérant les écosystèmes dont dépend leur avenir. Cette dynamique fait du soin au vivant un acte profondément politique, un moyen concret d’affirmer leur capacité à transformer leur milieu et à bâtir un territoire plus juste et durable.
Au Sénégal : la protection du vivant comme moteur d’engagement

Une paysanne membre d’un groupement paysan accompagné par l’UGPM travaillant sur une parcelle maraîchère collective / ©FDH
Dans le projet mené avec l’UGPM à Meckhé, les communautés font face à l’insécurité alimentaire, à la dégradation du milieu et aux menaces sur leurs terres. En créant une pépinière communautaire et en reboisant leurs parcelles, 200 à 350 habitant·e·s (femmes, hommes et jeunes) restaurent la fertilité des sols, protègent leurs terres de l’érosion et renforcent leur souveraineté alimentaire. Les arbres fruitiers diversifient l’alimentation, génèrent des revenus et consolident la sécurisation foncière face aux risques d’expropriation. Ici, la restauration de l’environnement devient un acte de résistance et un outil concret pour améliorer durablement les conditions de vie des groupements paysans de la région.
Ces actions menées en Haïti, au Pérou, au Sénégal et en France montrent que les aspirations à la justice sociale et environnementale sont largement partagées et que les initiatives locales peuvent devenir de puissants moteurs d’autonomisation. En prenant soin de leurs territoires, les communautés renforcent leur pouvoir d’agir et ouvrent la voie à des transformations durables, faisant de la protection du vivant un véritable levier d’émancipation collective.

[Sénégal] Une mission pour réfléchir ensemble à nos actions avec le vivant
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