Portrait du mois : André pierre, agroécologiste en Haïti

Nous agissons avec Le Mouvement Paysan Papaye (MPP) depuis 25 ans en faveur de l’agriculture paysanne Haïtienne. Le MPP existe depuis 1973 et défend les droits des paysan·ne·s tout en soutenant le développement rural . Et de 2014 à 2026, nous avons mené le projet (Ranfo Lavi Peyizan) qui visait à renforcer les capacités techniques, citoyennes et politiques de 3 types de collectifs paysans (groupements paysans, brigades agro-sylvicoles et comités citoyens) pour qu’ils s’engagent pour le développement et la transformation de leurs territoires de manière durable.

Qu’est-ce qui a changé pour toi après ta formation en agroécologie ?


André Pierre |© Frères des Hommes

Après ces formations, j’e me suis formé à mon tour pour devenir formateur. Désormais, nous identifions les causes des changements climatiques, et ce qui est faisable pour protéger l’environnement. Cela m’a permis de repérer et de valoriser les pratiques qui me conviennent le mieux. Parce que chaque action positive nourrit mon élan et m’encourage à aller encore plus loin.

Quels changements cela t’a apporté ?


André Pierre|© Frères des Hommes
Les formations m’ont donné confiance en moi, ont amélioré mes pratiques de travail et renforcé la protection de mon environnement grâce à une gestion plus rationnelle des ressources et à davantage de plantations. Elles m’ont aussi permis d’économiser en produisant mon propre bois et, grâce à la formation sur le recyclage du plastique, de transmettre ces pratiques tout en sensibilisant les personnes défavorisées par l’art.

Comment le travail en collectif t’a aidé dans ton activité ?

Le travail en groupe nous permet d’aller mieux, car ça nous rend plus forts. Par exemple, quand nous réalisons des travaux de conservation des sols, ou du konbit* lors de la récolte. Si un jour j’ai besoin d’aide, tout le groupe vient me voir. Et si un autre jour, c’est un autre membre qui a besoin d’aide, nous allons tou·te·s travailler dans le jardin de ce membre. Les membres sont désormais plus connectés, car nous travaillons ensemble et sommes unis pour gagner notre vie. Nous parvenons à avancer dans nos activités justement grâce à la collaboration.

*terme du créole haïtien désignant une forme traditionnelle de travail agricole communautaire.

Quel moment t’a le plus marqué dans ta BAS* ?

Le moment qui m’a le plus marqué, c’est la visite d’échange avec d’autres BAS. Cet échange nous a permis d’évoluer en nous encourageant à améliorer nos pratiques en apprenant les un·e·s des autres. C’est le moment qui m’a le plus intéressé et qui m’a apporté le plus de plaisir. Car nous avons eu l’occasion de nous rencontrer, de partager nos expériences et de voir comment nous pouvons continuer à avancer ensemble.

*BAS = Brigade Agro-Sylvicole, l’un des 3 types de collectifs paysans accompagnés par le projet Ranfo Lavi Peyizan avec le MPP.

Pour en savoir + sur notre projet en Haïti, rdv sur fdh.org.