VSI : trois lettres, quatre étapes, une mission

Marie, Thomas, Sarah. Trois volontaires de solidarité internationale, trois pays, mais une même mission : accompagner les partenaires de Frères des Hommes dans la réalisation de nos projets communs. En septembre dernier, ils ont fait le voyage depuis le Pérou, la RD Congo et Haïti pour se retrouver à Paris. Comment se passe l’intégration d’un volontaire ? Quelles sont ses différentes missions ? Ils nous racontent.

Etape 1 : s’intégrer
Pour les volontaires, ça commence toujours de la même manière : un mois d’immersion à Frères des Hommes à Paris, histoire de s’imprégner des valeurs et des actions de l’association. L’occasion aussi de prendre connaissance du projet sur lequel ils vont travailler, leurs objectifs, leur rôle. Puis vient le départ, et très vite, l’étape cruciale de l’intégration.

Pour Sarah qui a rejoint le Mouvement paysan Papaye en Haïti, il s’agissait avant tout de mieux connaître le partenaire : « J’ai participé à plein d’activités du mouvement, dès que l’on m’invitait j’y allais. Attention je n’y allais que lorsque l’on m’y conviait ! Dans ces espaces j’étais plutôt discrète sur les activités du projet. » Pour Marie en revanche, dès son arrivée chez Cenca au Pérou, il a été question d’agir : « Je n’ai pas seulement été dans l’observation et le questionnement, très rapidement on m’a demandé de mettre en place un atelier de production de paneton (brioche traditionnellement mangée à Noël) : cela a été une façon de tester ma manière de réagir sur le terrain ». Pour Thomas, si la question de l’intégration est si importante, c’est qu’elle détermine la manière dont se déroulera toute la mission : « Un an demi après mon arrivée à l’APEF, on m’a fait part du fait que dès mon premier jour en RDC, en participant à la mise en place d’une salle où allait se tenir une formation, j’avais positivement marqué les esprits et acquis de l’estime, un estime qui facilite indirectement les tâches liées à ma mission. »

Etape 2 : mettre en œuvre les activités du projet avec le partenaire
Sur le terrain, le volontaire a pour mission de mettre en place avec le partenaire des outils pour conduire les activités du projet. Pour Sarah, c’est là l’occasion de « mettre en dialogue ce que l’on sait faire, ce que l’on aime faire avec ce dont les partenaires ont besoin » en cherchant sans cesse « l’équilibre entre l’intention et l’action ». C’est justement cette recherche d’équilibre qui les amène parfois à s’interroger, et surtout, qui les pousse à s’adapter au rythme et aux méthodes du partenaire et ce, tout au long de leur mission. Plus d’un an après son arrivée, Marie confirme : « cette adaptation aux pratiques de travail de chacun est continue, ce n’est pas qu’une étape. Je dois aujourd’hui travailler avec un nouveau binôme et construire de nouvelles modalités de travail avec lui. Je redécouvre une autre personne, une nouvelle manière de fonctionner etc. »

Etape 3 : s’impliquer au-delà du projet
Quelques mois plus tard, ça y est : le volontaire connaît mieux la structure, il a été associé dans la co-construction des activités du projet…vient le temps pour lui d’être impliqué plus largement dans les activités globales du partenaire. Cela peut prendre plusieurs formes. Thomas, par exemple, a été petit à petit intégré à des réunions d’équipe : « Depuis quelques mois je suis invité aux réunions de coordinations, ce sont des réunions de cadres où est discutée la vie de la structure en général. » Sarah, elle, a souhaité s’impliquer dans des activités autres que celles du projet : « Il m’a fallu un an pour entrer dans les autres activités hors projet. J’ai beaucoup écouté, lu sur l’histoire du mouvement. Je cherchais à comprendre dans l’objectif de commencer à apporter quelque chose au-delà du projet. »

Etape 4 : anticiper son départ
Après deux ans ou trois ans, les volontaires terminent leur mission. A cette étape, un objectif : que les dynamiques mises en place perdurent après leur départ. Pour cela, la clé est de s’appuyer sur des personnes relais et encourager le partage comme le fait par exemple Sarah : « Je cherche à identifier les personnes que je pense être suffisamment disponibles et à l’aise pour reprendre certaines choses. J’essaie aussi toujours de partager les tâches avec d’autres membres de l’équipe. » Pour Marie, cela passe par transmission de son rôle de dynamisant : « Comme on est extérieur et que l’on passe par l’observation, l’analyse, l’accompagnement, on a un rôle dynamisant très fort. Qui au sein de l’équipe peut reprendre ce rôle  ? »