Sénégal : appuyer la formation des paysans

Une fois les projets lancés, Frères des Hommes appuie ses partenaires dans la création de formations à destination des populations qu’ils accompagnent. C’est le cas au Sénégal. Nous avons posé trois questions à Chloé Inisan (chargée de formation) et Thomas Delalandre (chargé de projet), de retour de Méckhé.

Avec qui avez-vous travaillé pendant votre mission ?

Chloé Inisan : On a travaillé avec les membres de l’UGPM, avec les animateurs, et avec les responsables des « groupements » de paysans. En fait, les groupements, ce sont des paysans qui, bénévolement, choisissent de faire des choses ensemble. Parmi eux, un responsable est élu, et certains paysans choisissent de s’investir pour accompagner les autres familles. On les appelle des « animateurs de proximité » : ils sont bénévoles, et ils ont envie de faire évoluer leur groupement, c’est un vrai engagement !
Thomas Delalandre : Effectivement, nous avons travaillé à la fois avec les « animateurs de proximité » qui sont vraiment issus des groupements paysans et qui passent beaucoup de temps sur le terrain, mais aussi avec les animateurs dits « centraux » qui eux, travaillent au sein de l’UGPM et qui sont plus rarement le terrain.

Qu’avez-vous fait pendant cette mission ?

C.I : Moi j’y suis allée essentiellement pour créer avec l’équipe d’animateur le contenu d’une formation pour accompagner des familles paysannes dans différents projets qu’elles veulent mettre en place. Par exemple, si une famille décide de faire de l’élevage, l’animateur va évaluer avec elle ses ressources, il va la conseiller, la réorienter… Le but c’est donc de former au mieux les animateurs à faire ce travail d’appui aux paysans.
T.D : On a aussi fait un atelier sur la question du changement. Il y a un an, l’UGPM avait défini un certain nombre de choses qu’ils souhaitent améliorer, un idéal d’ici 10 ans. Du coup, pendant notre mission, l’idée était de vérifier que tout le monde était toujours d’accord. Pour ça, on a rassemblé des paysans membres des groupements et des animateurs. Ensemble, ils ont décidé de petits changements qui vont permettre, à terme, d’atteindre cet idéal.
C.I : Après, on a aussi organisé un atelier avec des animateurs qui forment les groupements sur leurs rôles et responsabilités depuis quelques mois. Avec cette formation, ils informent les paysans sur ce que doit faire le président, sur les différentes responsabilités des membres… tout ça pour permettre au groupement d’être plus dynamique. Nous sommes donc revenus sur cette formation pour échanger sur ce qui marche ou non. L’objectif est bien sûr d’améliorer cette formation pour les prochaines sessions.

Qu’est-ce qui va se passer dans le projet dans les six prochains mois ?

C.I : Au niveau des formations, celle sur les rôles et responsabilités va continuer, et on va commencer celle sur comment accompagner les familles paysannes dans leurs projets. Ce sont surtout des projets agroécologiques, comme par exemple l’achat d’un animal pour avoir du fumier et fertiliser les champs, ou la mise en place d’un grenier de prévoyance où sont stockées les céréales en cas de disette. Avec cette formation, les animateurs pourront être aux côtés des familles dans la préparation de leurs activités agricoles, ou les épauler plus efficacement dans leurs pratiques d’élevage.
T.D : On a aussi prévu l’ouverture de classe d’alphabétisation, et on va mettre à disposition des paysans un système de micro-crédit. Concrètement, ça permettra aux familles d’emprunter de l’argent pour leurs petits projets.
C.I : En plus de ça, tous les deux mois, il va y avoir des ateliers pour que les paysans échangent entre eux leur pratique, et des ateliers d’éducation à la gestion financière. Quand les familles feront la demande pour un petit crédit à l’UGPM, les animateurs auront pour rôle de réfléchir avec elles sur ce que cela entraîne de prendre un crédit, les sensibiliser aux avantages et contraintes de ce type de solution.