Au Brésil, le MST multiplie les manifestations. Le 17 avril est en effet une journée majeure pour mettre ses luttes en avant. Son combat réunit aujourd’hui plus de 1,5 millions de personnes. Un membre du MST nous rappelle le lourd bilan de leurs revendications face aux grands propriétaires terriens, les latifundia : « …Entre 1985 et 2011, 1637 personnes ont été assassinées au Brésil en raison de leurs oppositions aux latifundia. Parmi ceux-ci, seulement 91 cas ont été jugés, ce qui a conduit à la condamnation de 21 directeurs et 72 interprètes. » Le MST appelle donc à une meilleure application de la justice. L’actualité confirme d’ailleurs l’urgence de la situation. Ce 14 avril, un dirigeant paysan, Raimundo Alves Borges, qui dénonçait la vente illégale de terres au nord-est du Brésil, a été assassiné dans une embuscade. 247e victime dans cette région depuis 25 ans, sa mort, comme celle de tant d’autres dans le pays, ne doit pas rester silencieuse et impunie. Mais pour le MST, le mois d’avril est aussi l’occasion de relancer son appel à une réforme agraire pour une juste redistribution des terres. Tout au long de ce mois, des manifestations pour promouvoir le statut de paysan sont organisées.
L’accès à la terre est également une problématique que l’on retrouve au Sénégal. Notre partenaire, l’Union des groupements des paysans de Méckhé (UGPM), condamne l’accaparement des terres par les firmes étrangères et les élites locales. Il est en effet pratiqué par des promoteurs touristiques et immobiliers dans le pays, ainsi que par des investisseurs accaparant les ressources naturelles. Ndiakhate Fall, Secrétaire Général de l’UGPM l’affirme : « Ce mouvement de concentration de la propriété qui a provoqué l’expulsion des populations locales de leurs terres et leur déplacement forcé - en premier lieu les paysans - engendre des violations des droits humains et notamment des droits des paysans. Cet accaparement des terres est un véritable danger pour la sécurité alimentaire ! » Retrouvez l’appel de Ndiakhate Fall ici.
En Indonésie, dès les années 50, les organisations paysannes ont été le fer de lance des contestations contre la dictature. L’arrivée de la démocratie dans les années 90 n’a pourtant pas apporté les grands changements escomptés et la globalisation a fait des ravages en appauvrissant à l’extrême des milliers de paysans. Notre partenaire local, le Consortium pour le réforme agraire (KPA) a enregistré plus de 1750 conflits liés aux terres depuis l’avènement de la démocratie. A l’occasion de la Journée des luttes paysannes, il est donc aussi question de faire valoir l’égalité dans le pays. Des manifestations et des occupations de terres illégalement confisquées sont prévues. Ce combat, Dianto Bachriadi entend bien le poursuivre au plus haut niveau. En tant que président de KPA, il a en effet été présélectionné pour devenir membre de la Commission nationale des droits humains de son pays : un grand espoir pour une meilleure intégration des préoccupations rurales dans la politique nationale !
Pour nos partenaires, le 17 avril est donc l’occasion de lancer un appel universel où chacun d’entre nous doit se sentir concerné. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous oublient cette relation à la terre qui nous est essentielle. Occultée par l’apparente abondance de produits vivriers, la dépendance fondamentale des hommes à l’égard de l’agriculture est souvent sous-estimée. L’enjeu n’est pas seulement de nous nourrir, il s’agit aussi de démocratie !
Cet article fait partie du Grand Angle de Résonances d’avril 2012.
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Rajagopal P.V : son nouvel appel à une marche non-violente des sans terre indiens
Le diaporama des luttes paysannes : Une terre pour tous
| Cet article est paru dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |



