Construire de nouvelles infrastructures pour permettre l’hébergement et la formation des membres des communautés paysannes, tel est l’enjeu de la rénovation de la Planta d’Apote. Ce nom a été donné à l’usine encore artisanale où a lieu la transformation des matières premières en produits dérivés en vue de leur commercialisation. L’usine est gérée par Coraca-Protal [1], association économique de communautés paysannes de Mayqa Monte, San Julian, Qori Mayu et Carmen Pampa. Depuis maintenant près de dix ans, ses membres transforment et commercialisent du miel et du piment en poudre. Toutes localisées dans le département de Cochabamba, ces communautés transportent leurs matières premières jusqu’à la Planta d’Apote, dont Coraca Protal souhaite désormais faire à la fois un lieu de travail et un lieu de vie.
Vers une amélioration des conditions de travail

Depuis l’année 2001, une grande réhabilitation de la Planta d’Apote est entreprise. Il s’agit tout d’abord d’améliorer les conditions de transformation des produits pour gagner en productivité : des travaux de réhabilitation et d’agrandissement des locaux de transformation ont été réalisés et touchent aujourd’hui à leur fin. Afin de réduire les coûts de construction, certains membres de Coraca Protal ont mis la main à l’ouvrage et ont participé bénévolement aux travaux. De nouvelles infrastructures sont à l’étude et devraient être construites par la suite, dès que Coraca Protal aura réuni les fonds nécessaires. L’association se donne environ quatre mois avant d’offrir aux paysans venus apporter leurs produits la possibilité de se loger mais aussi de se réunir et de se former. Il est prévu d’installer des dortoirs, des douches et des toilettes. L’auberge ainsi construite pourrait accueillir une quarantaine de personne. Justinio, président de Coraca Protal explique : « les membres des communautés paysannes parcourent de nombreux kilomètres pour livrer leurs productions, souvent chargées sur des mules, et la moindre des choses est de leur fournir des logements décents pour qu’ils puissent se reposer avant de repartir. »
Renforcer la formation de ces communautés paysannes
Mais le projet ne s’arrête pas là. Les petits paysans peuvent aussi profiter d’infrastructures adéquates pour tenir des réunions, des ateliers ou des congrès et ainsi organiser de meilleures formations. Outre la fabrication de dortoirs, est prévue la construction d’une salle de conférence, munie notamment d’une bibliothèque, afin d’organiser des formations. Elles pourront concerner aussi bien le tourisme solidaire que la gestion paysanne ou le développement durable. Il est également prévu d’accueillir des congrès d’associations paysannes au niveau départemental et national. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie des paysans et de leurs communautés à travers un enrichissement intellectuel et culturel par le biais de ces projets de formations. Car c’est là aussi l’objectif de ces organisations économiques qui recherchent la souveraineté alimentaire : rendre les communautés paysannes plus autonomes. Et pour ce faire leur permettre, en ne les considérant plus uniquement comme producteurs, de développer leurs savoirs dans leurs domaines d’activités et dans l’exercice de leur citoyenneté. Une façon aussi de les responsabiliser et « d’associer la pratique et la théorie », comme nous l’explique Justinio.
Bien entamé aujourd’hui, le processus de réhabilitation de la Planta d’Apote manque encore de ressources financières. Mais tous restent optimistes pour ce qui est de venir à bout d’un projet qui améliorera considérablement, à terme, les conditions de travail et d’existence de ces communautés paysannes.
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Résonances Latino-Américaines N° 19 - Décembre 2007









