Elle a atterri à Bangalore le 8 février 2009 et a passé un an avec Fedina, tête du Réseau de groupements d’action sociale qui compte plus de 114 000 membres. Son rôle était de soutenir l’équipe locale de Fedina dans la mise en place du programme d’activités d’accès aux droits et de faciliter la remontée d’information avec Frères des Hommes.
Lorsqu’elle commence à raconter son année, elle s’anime : elle nous explique qu’elle a énormément appris sur l’investissement dans le travail : « Ça a vraiment renforcé mon militantisme ! » Aujourd’hui elle est convaincue que les syndicats, les ONG et les partis politiques ne sont pas censés s’opposer : « ils sont plus efficaces si ils collaborent. »
Entre les séminaires, les formations, les événements, les réunions et les visites des partenaires, les semaines d’Ericka étaient bien chargées. Un des éléments de son travail qui l’a particulièrement marqué, ce sont les visites de terrain : « c’était formidable ! » Au moins une fois par mois, Ericka a passé entre deux jours et une semaine sur le terrain : « Ça dépendait combien de groupes j’allais visiter. Là, je découvrais vraiment la réalité du quotidien de ces personnes engagées dans le programme. Tu t’assoies avec eux, dans leur jardin… Ils n’ont quasiment rien et sont heureux de pouvoir partager ce qu’ils vivent. »
Lors de ces visites, elle a compris que le travail concernant les droits est un travail qui se fait sur la longueur : « j’ai vraiment appris la patience et la détermination. » Auprès des populations, elle a compris la force de Fedina : « Ils se sentent plus forts parce qu’ils sentent qu’ils font vraiment partie du réseau. Le fait d’être en réseau permet de trouver du soutien quand tu te sens isolé ou perdu. Ils prennent conscience qu’ils ne sont pas des cas isolés et qu’ils ont des droits. Il y a un véritable esprit de collectif qui s’est développé. »
En terme plus personnel, Ericka nous parle de son expérience qu’elle a vécu à 100% : « l’Inde m’a absorbée complètement. Bien sûr, j’ai quand même gardé mon identité tout au long du séjour, mais je me suis mélangée. C’était hors de question pour moi que j’aille en Inde et que je reste dans mon coin. C’était une espèce de fusion ; ça m’a modelé, ça m’a fait évoluer. Au niveau personnel, je suis beaucoup plus calme, sereine, posée. ».
Ericka s’envole aujourd’hui vers d’autres projets, et Jihane Habachi prendra sa suite pour un volontariat de deux ans avec Frères des Hommes et Fedina.
Erycka Zyla avec des travailleurs du textiles membres de Fedina et des avocats de Fedina.









