« Dans le domaine de la collaboration et de la solidarité internationale, l’Afrique est un continent dont on parle beaucoup. Je trouve qu’il faut y aller pour comprendre réellement le travail, dit Timothée. Se faire sa propre idée est essentielle, il faut connaître les réalités du terrain. »
Ce continent est aussi l’objet de beaucoup de clichés dans l’action « humanitaire », auxquels on peut se trouver confronté en y allant : « Je me posais des questions sur la légitimité de venir les « aider » dans leur travail, comme le petit blanc qui vient les sauver… Outre les activités de l’UGPM auxquelles Frères des Hommes apporte son soutien, ils font un travail de sensibilisation sur le respect des traditions sénégalaises, qui ne sont pas les miennes. Donc ce n’est pas ma place. Mais en fin de compte, je suis d’avis que si nous voulons travailler ensemble, les acteurs du Nord et du Sud, il faut qu’il y ait un échange d’information. Pour se connaître, la remontée d’information depuis le terrain est un travail indispensable. »
Selon Timothée, il est important de se poser la question de la légitimité pour pouvoir contribuer au développement de manière utile : « Je crois en l’autodétermination des peuples, ce qui veut dire que les personnes les mieux placées pour changer un pays sont ses résidents, et non les étrangers. Pour moi, aller voir avec mes propres yeux ce qu’ils font a conforté l’idée que j’ai de rester changer des choses ici en France. Partir pour apprendre, revenir pour agir. Au lieu d’essayer de changer les choses là où je ne connais rien, je préfère lutter pour changer la mentalité chez moi. »
Enfin de retour en France, après un mois de voyage par la voie terrestre en Afrique de l’Ouest et du Nord, Timothée aura l’occasion de mettre en œuvre son engagement au niveau local. Suite à sa participation à la session d’ Hémisphères en novembre 2009, organisera dès le mois prochain un événement local de sensibilisation, deuxième étape de la formation-action pour tous les participants. « Le thème de la session à laquelle j’ai participé était informer pour lutter contre la pauvreté. Mon événement portera probablement sur les effets des médias de masse sur l’information. »
La volonté de Timothée de s’engager en France ne lui a pas enlevé son envie de bouger encore. Il avoue de ne pas s’adapter facilement à la routine : « J’adore me réveiller sans avoir aucune idée qu’est-ce que la journée m’apportera… » A voir où les prochaines journées de Timothée l’emmèneront !
Portrait réalisé par Maya Vedeld



























