Sénégal - Autour de la ferme école agroécologique Kaydara, « une vraie oasis a poussé dans le désert »

« Viens à l’école de la vie » : c’est la signification du mot wolof Kaydara. C’est aussi le nom d’une ferme école agroécologique créée en 2007 par l’association Jardins d’Afrique, dans la communauté rurale de Fimela (région de Fatick, frontalière de la Gambie). L’Union des groupements paysans de Méckhé (UGPM), partenaire sénégalais de Frères des Hommes, a participé à son développement en y installant, en janvier 2010, quatre panneaux solaires destinés à améliorer le pompage de l’eau nécessaire aux travaux agricoles.

Ainsi, l’UGPM contribue au développement de Kaydara, qui représente une alternative efficace pour permettre aux populations rurales de vivre dans leur région, sans être contraintes à l’exode. Timothée Bindi, stagiaire de Frères des Hommes auprès de l’UGPM au Sénégal, a visité Kaydara : « Honnêtement je suis impressionné. C’est une ferme isolée, en pleine brousse, mais c’est une véritable oasis qui a poussé dans le sable. Tout est vert, il y a même des fraises, c’est une espèce de grand jardin vraiment réussi alors qu’il n’y avait que le désert avant. Et tout ça grâce à l’agriculture paysanne. »

A Kaydara, 15 jeunes suivent une formation d’agroécologie de 3 ans. Ils étudient l’arboriculture, la floriculture, l’élevage et la commercialisation des produits. Chacun met en pratique les enseignements sur un terrain clôturé de un hectare. Timothée précise : «  Chaque élève a son jardin et s’en occupe plus ou moins comme il veut, sachant qu’il vend sa production. 1/3 des bénéfices des ventes va à l’école, 1/3 dans un compte en banque créé pour l’élève et 1/3 en argent de poche. » A l’issue de leur formation, les étudiants de Kaydara recevront un soutien pour s’installer et produire des légumes. Un premier pas vers l’autosuffisance alimentaire : « Cette initiative prouve qu’on peut mettre en place une agriculture alternative efficace, qui produit toute l’année tout en respectant la nature et même en la mettant en valeur. C’est une des initiatives de développement qui m’a le plus marqué depuis mon arrivée au Sénégal. »

Cet article est paru en mars 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 30 mars 2010

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