Amélioration des conditions de vie
Dans ce village, les paysans se sont mobilisés pour accéder à de meilleures conditions de vie. « Le seul moyen que nous avions d’augmenter nos salaires était de nous syndiquer », raconte Meenakshi. Bien que leurs revenus ne leur permettent pas encore de vivre dans des conditions décentes [2], leurs rémunérations ont augmenté depuis la création de ce groupement il y a 4 ans. En 2008, un homme touchait 1 575 roupies contre 954 pour une femme. Aujourd’hui, leur salaire sont respectivement passés à 4 725 roupies et 2 205 roupies. Le syndicat leur confère un véritable poids dans les négociations salariales.
Amélioration de la situation sociale
Chaque paysan fait désormais partie d’un collectif influant et participe aux décisions de celui-ci. Bien qu’il soit toujours considéré comme étant au plus bas de l’échelle sociale, son statut a (quand même) évolué. En se réunissant et en élevant la voix pour la reconnaissance de leurs droits, les dalits ont aussi obtenu un peu plus de respect de la part des autres communautés. Par exemple en classe, leurs enfants étaient autrefois assis à l’écart des autres. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Revalorisation du statut de la femme
L’égalité salariale entre les sexes est aussi une question délicate au sein des communautés dalits. Pour un travail quasi équivalent, les femmes touchent beaucoup moins que les hommes. Par conséquent, elles aspirent à recevoir le même salaire que leurs maris. On note également une évolution de la position de la femme dans l’organisation de la société. Pendant les réunions du syndicat, elles sont pratiquement les seules à intervenir. Désormais conscientes de leur importance, elles n’hésitent plus à proclamer leurs droits. A tel point qu’aujourd’hui, elles sont le moteur du syndicat et n’ont plus peur d’aller négocier directement avec les propriétaires terriens.
Un syndicat : en apparence
Depuis 2008, les paysans luttent pour faire reconnaître leur groupement de travailleurs. Mais à ce jour, il n’existe aucun syndicat paysan qui soit officiellement enregistré dans la région. Les reconnaître, ce serait entériner le statut de travailleurs pour ses membres. Or, pour beaucoup, les paysans ne sont que des « domestiques » au service de propriétaires terriens.
Au final, ces groupements de travailleurs jouent le rôle de syndicats permettent un net progrès pour les dalits. Entre autres, ils vont pouvoir bénéficier des lois soutenant économiquement les paysans. Par exemple, la loi NREGA [3] garantit 100 jours de travail par an, pour un membre de chaque famille rurale payé au salaire minimum. Gageons qu’avec de tels progrès, leur avenir s’écrira moins en pointillés.
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| Cet article est paru dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |














