« En trois mois sur le terrain j’ai appris plus de choses que pendant toutes mes études ! Et en plus le pays est magnifique ! », s’exclame Mamadou, radieux, à son retour de Kigali. « J’ai vécu des expériences humaines et professionnelles très fortes, notamment avec la famille qui m’a accueilli et avec les gens du quartier. »
Mamadou est parti au Rwanda en mars 2010 avec la volonté de retourner en Afrique, continent où il est né. Il en revient changé. A travers cette expérience sur le terrain, il a découvert les us et coutumes rwandais, fort différents des habitudes françaises bien sûr, mais également des traditions de Guinée, son pays d’origine. Il a notamment assisté à un mariage et a été particulièrement surpris de voir que la tradition de la dot reste très forte : le mari a offert deux vaches pour célébrer l’union. Dans un pays où l’agriculture et l’élevage sont au cœur de l’activité économique, le don d’une vache a une portée hautement symbolique. « C’est impensable pour une famille rurale rwandaise de ne pas avoir de vache », précise Mamadou.
Le jeune stagiaire a passé de nombreuses heures à discuter avec son hôte Fidèle Mutabazi, coordinateur du programme de promotion de la filière bois à Duhamic-Adri, partenaire de Frères des Hommes, de la différence entre les habitudes rwandaises, guinéennes et françaises. « Cet échange permanent a été extrêmement enrichissant », souligne Mamadou. « Une particularité qui m’a beaucoup étonné, dit-il, c’est la question du patronyme : les enfants ne portent pas toujours le nom de famille de leurs parents mais un nom donné en fonction du contexte de leur naissance. » Ainsi, les enfants sont souvent nommés d’après leur rang de naissance, c’est le cas de Minani Evariste, le Président d’une des coopératives de menuiserie, dont le prénom signifie « le huitième de la famille ».
Grâce à Fidèle et à sa famille, Mamadou s’est vraiment senti chez lui, partageant tous les repas avec eux, et jouant avec les enfants – qui ont pleuré à chaudes larmes quand il est parti ! Il a même appris à jouer aux échecs avec Fidèle. Il s’est également fait de bons amis avec lesquels il a eu l’occasion de fréquenter les « cabarets », des bars, dont les Rwandais sont très friands.
Pour ce qui est de son travail sur place, Mamadou était chargé de mener une étude dans le cadre du programme de promotion de la menuiserie organisé par Duhamic-Adri. Pour ce faire, il a collecté des informations concernant les objets fabriqués par les artisans affiliés au programme (nombre de ventes, chiffre d’affaires) et les clients. Il a demandé aux menuisiers de remplir un tableau avec d’une part les produits vendus et d’autre part le type de client (particulier, administration, entreprise, ONG). En analysant ces informations, Mamadou s’est notamment rendu compte que les menuisiers ne fabriquent ni ne vendent d’instruments de musique bien qu’ils connaissent la technique. En outre, il a noté que les particuliers sont les principaux clients des coopératives travaillant avec Duhamic-Adri et que les administrations n’y achètent que très peu de meubles. Mamadou a donc émis une série de suggestions : « Je leur ai par exemple proposé de répondre aux appels d’offres lancés par les administrations et de s’abonner au journal officiel, dit-il. Je pense que cette étude est nécessaire pour les participants au projet. Les menuisiers croyaient connaitre leur marché mais les choses sont beaucoup plus claires quand on voit des données chiffrées dans un tableau ou un graphique. » Ce travail lui a permis d’apporter sa contribution au programme de soutien à la filière bois, un projet qui lui tient à cœur.
Ce séjour sur le terrain l’a conforté dans son désir de travailler pour une ONG ou une institution internationale. Il fustige les personnes qui considèrent que la solidarité internationale ne sert à rien : « Au contraire, c’est une très bonne chose. Quand on va sur le terrain, on se rend bien compte de l’apport que des projets de solidarité peuvent avoir, surtout quand on voit le sourire des gens ! » Et c’est justement sur le terrain qu’il veut continuer à s’investir. Mamadou termine bientôt son stage chez Frères des Hommes et s’embarquera pour de nouvelles aventures. « Je veux travailler dans une ONG, grande ou petite peu importe, du moment que le projet me tient à cœur ! »
Bon courage Mamadou !
Portrait réalisé par Anna Postel
Mamadou avec sa famille d’accueil, la famille de Fidèle Mutabazi
Pour en savoir plus sur les activités de promotion de la menuiserie mises en place par Frères des Hommes :
Rwanda - Menuiserie artisanale dans les campagnesSuivez également le séjour de Mamadou au Rwanda sur son blog : http://blog.fdh.org/mamadou/




























