République Dominicaine - 500 coupeurs de canne à sucre haïtiens sans-papiers ont obtenu un contrat de travail

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La justice dominicaine reconnaîtrait-elle enfin les droits des travailleurs haïtiens ? A l’automne 2008, elle a envoyé des signaux forts allant dans le sens du respect de leurs droits.

La pauvreté en Haïti amène de nombreux Haïtiens à prendre la route de la République Dominicaine, plus prospère. Sur place, la réalité n’est pas à la hauteur des espérances et les migrants haïtiens sont confronté à l’exploitation et à des discriminations importantes. La majorité travaille comme braceros (coupeurs de canne à sucre) dans des entreprises agricoles dominicaines. Ils sont payés un dollar par jour, n’ont pas de contrat de travail et vivent dans la clandestinité. Sans-papiers, ils sont souvent considérés comme sans-droits.

Pourtant, le 24 novembre 2008, un tribunal dominicain a contraint l’une des plus anciennes entreprises sucrières du pays à contractualiser 500 braceros qu’elle employait sans contrat. L’entreprise devra leur proposer un contrat de travail leur permettant l’accès à une assurance sociale, médicale et salariale. Pour la première fois, les braceros sont considérés comme des hommes et non plus seulement comme des machines productives peu couteuses. Ils ont été accompagnés dans leurs revendications par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR), une association haïtienne. Leur combat a duré dix ans et se poursuit avec le GARR : il faut maintenant s’assurer que l’entreprise appliquera la décision de justice.

Pour le GARR, cette décision judiciaire s’inscrit dans une série de décisions dominicaines positives envers les Haïtiens. Le 11 novembre 2008, le gouvernement dominicain a décrété une journée de deuil national en solidarité suite à l’effondrement de deux collèges en Haïti : une marque de soutien jamais vue ! Peu de temps après, en République Dominicaine, les auteurs présumés de lynchage envers des civils haïtiens étaient mis en examen. Pour le GARR, « ce n’est pas rien. La charge et la portée symboliques de ces faits sont très fortes. » L’association appelle donc à profiter de cette opportunité historique pour faire avancer les droits : « Le moment est venu de donner un coup de pouce à l’Histoire. »

Cet article est paru en janvier 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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Mise à jour: jeudi 15 janvier 2009