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Processus de paix et reconstruction par le micro-crédit en CÔTE D’IVOIRE
Après plusieurs années de conflit en Côte d’Ivoire, Frères des Hommes, profitant des évolutions récentes et encourageantes a décidé de participer à la relance du pays aux côtés de la Fedesi, notre partenaire. La Fedesi (Fédération pour le développement du secteur informel) a beaucoup souffert de la guerre : ses membres, petits commerçants, agriculteurs, artisans, ont pour un grand nombre d’entre eux perdu leurs biens et leurs outils de travail. Les 11 000 membres que comptait la Fedesi avant la guerre dans 14 localités du pays ont besoin aujourd’hui d’un soutien important pour redémarrer leurs activités économiques. C’est dans ce but qu’un nouveau projet a été conçu autour de trois axes : le microcrédit (4 000 crédits prévus) ; l’organisation des groupements pour faire face aux difficultés ; la formation en gestion des membres de la Fedesi avec en complément un important travail de formation permanente à la citoyenneté, la paix, les droits humains et la démocratie afin de contribuer au retour durable de la stabilité en Côte d’Ivoire, condition sine qua non d’un développement qui bénéficie à tous.
Développement de la menuiserie et amélioration de la production agricole au RWANDA
Frères des Hommes intervient au Rwanda dans le sud-ouest du pays en zone rurale, là où la jeunesse est confrontée à la difficulté de développer les activités agricoles et reste sans emploi. Au manque de terres, s’ajoute la baisse de leur qualité (érosion, sécheresse) et de nombreuses difficultés pour les paysans à accéder à des techniques de production efficaces et respectueuses de l’environnement. Pour répondre à ces défis et permettre aux Rwandais de reconstruire le pays après les années noires du génocide, nous avons soutenu, avec notre partenaire Duhamic-Adri, la menuiserie artisanale, comme moyen de créer de l’emploi rural. Nous avons décidé d’étendre notre action à de nouveaux villages et ateliers de la région et de consolider la filière bois dans son ensemble. Le projet conçu après l’évaluation du programme 2002-06, prévoit ainsi de soutenir 7 groupements d’artisans, soit 200 professionnels, en mettant en place une centrale d’approvisionnement et de séchage du bois, 2 unités mécanisées d’usinage, des formations techniques et à la gestion. De plus, le projet contribuera à l’amélioration de la commercialisation (promotion des produits auprès du consommateur, accès aux marchés publics) et au renforcement des liens entre artisans et établissements d’enseignement professionnel pour la formation des jeunes apprentis.
En complément de ce soutien aux menuisiers, nous avons élaboré avec Adenya, fin 2006, un projet pilote d’aménagement de 3 collines pour démontrer que les petits paysans sont capables, avec notre appui, d’améliorer et de diversifier la production agricole tout en réhabilitant l’environnement.
Transformation et commercialisation de la production agricole par les paysans en HAÏTI
En Haïti, la situation économique se dégrade sans cesse davantage à l’image des terres de l’île, de moins en moins vertes, de plus en plus désertiques… Les paysans haïtiens sont confrontés à la grande pauvreté et beaucoup de jeunes sont poussés à l’exil, vers les bidonvilles ou vers la République dominicaine voisine où les attendent conditions de travail inhumaines dans les plantations et discriminations quotidiennes. Pourtant des ressources agricoles existent ! C’est pour cela que Frères des Hommes avec le Mouvement Paysan Papaye fort de ses 60 000 membres, avons mis au point un projet d’amélioration, de diversification et de commercialisation de la production agricole au bénéfice de 2 500 familles. Les activités porteront sur la transformation des mangues, la production de miel, la production maraîchère biologique pour l’alimentation des familles et la vente. Dans ce projet nous proposons également des formations en gestion pour les paysans et leurs coopératives et un volet de sensibilisation des familles à la nutrition et à la protection de l’environnement.
Suivi de la redistribution des terres en INDONÉSIE avec les paysans sans terre

En Indonésie, après des années de mobilisation sans relâche, soutenue par Frères des Hommes, les paysans et leurs organisations membres de KPA (Consortium pour la Réforme Agraire) peuvent se féliciter d’un certain succès. Le gouvernement a décidé en 2006 de mettre en place un programme national de réforme agraire dont l’objectif est la redistribution d’ici 2012 de plus de 8 millions d’hectares de terres qui pourraient permettre d’installer six millions et demi de familles paysannes sans terre ! L’enjeu est donc énorme ! Frères des Hommes avec KPA avons décidé de nous investir dans le suivi de ce programme afin de s’assurer qu’il soit mis en place au réel bénéfice des familles qui en ont le plus besoin. Notre projet d’une durée d’un an prévoit de former des cellules de veille au sein desquelles les responsables paysans pourront négocier avec les autorités la mise en œuvre du programme de redistribution des terres. Nos objectifs sont de nous assurer que les autorités ne dénaturent pas ce programme, que ces terres soient effectivement attribuées aux familles les plus pauvres et que des appuis supplémentaires soient mobilisés pour aider ces familles au démarrage de la production sur leur nouvelle terre.
Construire du droit avec et pour les populations dalits et les femmes en INDE
En Inde, la réussite économique des secteurs de pointe cache le maintien dans la très grande pauvreté de centaines de millions de personnes. De même, l’affirmation de plus grande démocratie du monde masque le fait que ces centaines de millions de personnes vivent, dans l’humiliation et l’exploitation, des conditions de vie justifiées par des discriminations de caste, d’ethnie ou de sexe. Frères des Hommes avec notre partenaire Fedina, avons mis en place, en 2006, un nouveau projet permettant aux populations marginalisées d’exiger l’application de la loi qui doit les protéger et garantir leurs droits. Pour cela, plusieurs actions sont engagées : la syndicalisation des travailleurs du secteur informel dont les droits sont systématiquement bafoués et qui pour certains sont maintenus dans des conditions de travail proches de l’esclavage ; des campagnes de pression pour réclamer l’application du salaire minimum ; des actions en justice pour ne pas laisser impunies les violences à l’égard des dalits et des femmes ; des revendications pour l’accès à la terre des paysans. Ce projet qui a fait l’objet d’une demande de subvention à l’Union européenne, permettra à Fedina, réseau de 114 000 membres de proposer à plus de 8 000 participants, dont une majorité de femmes et de dalits, des formations en droit, organisation, mobilisation et revendications pour conduire les actions engagées.
Soutien aux communautés paysannes et développement local au PÉROU
Au Pérou, la modernité et le luxe ultraoccidentalisés de certains quartiers de Lima viennent se heurter à la pauvreté vécue dans les bidonvilles et plus encore avec celle vécue sur les hauteurs andines. Là, les communautés vivent pauvrement du travail de la terre et ne bénéficient de quasiment aucun appui. Les administrations et les élus locaux eux-mêmes ont très peu de moyens pour dynamiser le développement local. Frères des Hommes, en partenariat avec trois ONG péruviennes, Adec-Atc, Cenca et Edaprospo, nous menons un projet dans la région de Junín qui apporte son soutien à différentes filières agricoles (pomme de terre, produits laitiers, fleurs et cochons d’Inde) avec par exemple la construction de 6 unités de fabrication de produits laitiers, celle de 4 systèmes d’irrigation bénéficiant à plus de 500 paysans et l’organisation de la commercialisation sur les marchés régionaux. En complément, nous avons entrepris un important travail de formation des élus locaux, des fonctionnaires et des personnes responsables de la société civile (plus de 1200 personnes concernées) pour qu’ensemble, dans leurs localités, ils puissent concevoir des plans de développement local concertés, réalistes et contribuants à la réduction de la pauvreté.
Appui aux femmes et aux jeunes qui font face à la pauvreté au sud de l’INDE
Dans le Kerala, en Inde du Sud, Frères des Hommes travaille également avec Ekta Parishad, mouvement qui défend les droits des populations les plus pauvres et discriminées : dalits, populations tribales, petits pêcheurs... C’est parce que les jeunes et les femmes sont parmi ceux qui sont le plus en capacité de répondre aux défis de la lutte contre la pauvreté, que nous avons démarré en 2006 un projet avec eux. Plusieurs activités sont prévues : des formations à la microentreprise, suivies d’aides au démarrage de ces entreprises : séchage de poisson, fabrication de savon, etc ; l’accueil et la formation de jeunes avec des formes de pédagogie centrées sur des valeurs fondamentales comme la non-violence, la tolérance, le respect, le sens de la responsabilité collective. Enfin, un centre d’information fournira à la population des informations sur ses droits et sur les programmes existants auxquels elle peut accéder ; il organisera des rencontres entre les différentes organisations présentes dans les villages pour favoriser une meilleure coordination des actions entreprises. Ce projet bénéficie du soutien de la Région Centre.
Retour sur les principaux projets achevés dans l’année écoulée
CONGO
En République démocratique du Congo, de 2004 à juin 2007, Frères des Hommes, avec l’APEF, a réalisé un programme de soutien aux femmes de Bukavu engagées dans des activités économiques. Grâce à ce programme, un fonds de micro-crédit a été constitué et mis en fonctionnement pour un montant de 90 000 € : 420 micro-crédits de 100 € en moyenne ont été accordés pour des activités de petit commerce et d’agri-élevage ; 42 crédits ménages pour 500 € en moyenne pour du commerce en ville ; et 30 crédits pour des entreprises de référence, à 900 € en moyenne. Ce fonds stable et reconstitué permettra de servir de nouveaux crédits au-delà de la fin du projet. La formation des femmes par l’APEF a été un des facteurs de succès de ce programme de financement et de création d’entreprises. 60 formations ont été dispensées à 1840 participantes, tant en gestion de crédit qu’en techniques de production ou en organisation communautaire, avec en plus des formations spécifiques liées à la démocratisation et aux droits des femmes. Et c’est au final la création de 80 petites entreprises de production en tricot, savonnerie, broderie et teinture. Ces femmes, par leur esprit d’entreprise et leur force économique ont vu leur rôle social renforcé, ainsi que leur place au sein de leur propre famille. Elles ont été nombreuses à la suite des formations à s’inscrire sur les listes électorales et à participer concrètement aux efforts de démocratisation du Congo lors du référendum de décembre 2005 et des élections législatives de juillet 2006.
SENEGAL
Au Sénégal, à Dakar et à Thiès, deux villes dans lesquelles le secteur de la menuiserie artisanale est très dynamique, Frères des Hommes a terminé en 2006, avec la Kora un programme centré principalement sur la formation des apprentis en dessin technique, sculpture sur bois et alphabétisation. Plus de 600 apprentis ont bénéficié de ces cours du soir. La Kora, avec les menuisiers de Dakar a réalisé un travail d’identification de nouveaux marchés qui a permis aux ateliers de réaliser pour 30 000 € supplémentaires de ventes de leur production. Enfin la Kora a organisé, avec des groupements de menuisiers, la création de l’Organisation Nationale des Professionnels du Bois (ONPB), qui fédère aujourd’hui 13 organisations locales regroupant 626 ateliers de tailles diverses et 2 500 professionnels. C’est un succès collectif pour ces menuisiers qui avec leur fédération peuvent maintenant négocier en fonction de leurs propres intérêts notamment sur le développement d’une politique de formation et des conditions d’accès à l’énergie. Frères des Hommes a également organisé, avec la Kora un voyage d’études pour des menuisiers rwandais auprès d’artisans sénégalais. Cette rencontre, prévue dans le projet de soutien à la menuiserie artisanale au Rwanda, a permis de réaliser une exposition photos sur le rôle des menuisiers face aux défis de l’Afrique. Cette exposition est diffusée en France par les militants bénévoles de Frères des Hommes.
HAÏTI

En Haïti, après des années de dictature, de coups d’état et d’instabilité chronique, la violence est devenue une composante majeure de la vie du pays. Dans ce contexte, Frères des Hommes et son partenaire le CRESFED ont développé, depuis 2004, un projet de contribution à la construction d’une citoyenneté active et responsable. Une des activités principales a été l’organisation de formations à la citoyenneté. Plusieurs publics ont été formés : d’abord des responsables de 28 organisations de la société civile ; puis près de 180 responsables publics locaux, candidats aux élections ou responsables associatifs ont reçu des formations sur le rôle des élus et le processus de décentralisation ; enfin une formation supérieure en gestion de la décentralisation, en gouvernance locale et en développement a été dispensée à 40 étudiants et validée par un diplôme reconnu. Pour accompagner les populations, deux Centres de citoyenneté ont été mis en place dans les villes de Léogane et Thomazeau. Ces deux Centres ont accueilli de manière régulière les classes scolaires lors de journées de sensibilisation aux droits et devoirs du citoyen et ont été le lieu de nombreuses formations et activités communautaires. Des campagnes de sensibilisation de la population à la citoyenneté et la démocratie, avec distribution de 5000 tracts et édition de journaux ont été aussi à l’initiative de ce projet. C’est ainsi plusieurs milliers de personnes qui ont été associés à notre programme. Et pour que la démocratie puisse se consolider très concrètement, nous avons expérimenté deux projets économiques communautaires : la création d’un magasin de semences et engrais agricoles et la réhabilitation d’une cassaverie (unité de transformation du manioc).
CUBA

Au cœur de la Havane, dans le Parc métropolitain vivaient des populations au milieu d’un environnement très dégradé. Frères des Hommes avec notre partenaire le CIERIC avons mené entre 2002 et 2006 un projet permettant à ces populations, en lien avec les autorités locales, de réhabiliter ce Parc et ainsi d’améliorer sensiblement leurs conditions de vie. Des activités de différentes natures ont été menées en parallèle : formation à la sylviculture pour 70 personnes et production en pépinière de 21000 plants de bambous, qui ont permis la reforestation de 10 hectares sur les berges du fleuve Almendares ; création d’emplois grâce à l’installation d’un atelier de construction de meubles et autres produits en bambou ; réhabilitation des logements et pour les 23 plus insalubres, reconstruction complète. 890 techniciens et habitants ont pu bénéficier de formations au Centre écologique sur la gestion des ordures, le traitement des eaux, la biodiversité du fleuve, l’éducation à l’environnement. Le Centre, qui est aussi utilisé pour la formation et la promotion de la citoyenneté, accueille de manière régulière des visiteurs, notamment des écoliers (2000 visites par année). De nombreuses activités socioculturelles (danse, musique, théâtre) ont rassemblé 7400 personnes dans des tournées et plus de 1500 jeunes ont participé à des ateliers.
PHILIPPINES
Dans la région du volcan Pinatubo aux Philippines, les populations rurales sont régulièrement confrontées à de violentes catastrophes naturelles, éruptions volcaniques, inondations, qui handicapent fortement le développement des activités économiques et agricoles. Pour améliorer les conditions de vie de ces populations, Frères des Hommes et notre partenaire PDRN avons mené entre 2004 et 2006 un projet qui a notamment permis à 749 familles de bénéficier de micro-crédits pour mettre en place des activités génératrices de revenus agricoles telles que la pisciculture et la riziculture, mais aussi non agricoles telles que le commerce de produits de première nécessité. En outre ces habitants, réunis au sein de groupements, ont bénéficié de formations en gestion et d’accompagnement pour diversifier leurs activités. Enfin, PDRN a mené un important travail de formation, de sensibilisation et de revendication avec ces populations et les pouvoirs publics, depuis le niveau local jusqu’au niveau national, sur la prévention et la gestion des catastrophes naturelles.
PAKISTAN

La très grande majorité de l’économie au Pakistan relève du secteur informel. Les travailleurs de ce secteur ne sont protégés par aucune organisation et ne peuvent faire valoir aucun de leurs droits. Pour réduire leur vulnérabilité, Frères des Hommes s’est engagé avec Piler de 2001 à 2006, dans un projet de création de syndicats dans 6 secteurs économiques : textile, transport, pêche, petite mécanique, bâtiment, travailleurs à domicile. Les activités principales du projet ont été : de la recherche et des publications sur la situation des travailleurs des secteurs informels ; des actions d’information et de formation de travailleurs vulnérables sur leurs droits ; des formations d’inspecteurs du travail sur les spécificités de l’application du droit dans le secteur informel ; l’appui à l’organisation des travailleurs, par le regroupement autour de problèmes communs ; le renforcement d’échanges sud-asiatiques et internationaux sur la thématique. Notre projet a permis d’aboutir à la constitution de 6 organisations de travailleurs vulnérables ; à impulser par des mobilisations non-violentes des changements sur le contenu de lois liées au travail et à améliorer leur application ; à modifier le système des droits de pêche en faveur de l’accès aux ressources pour les petits pêcheurs. Les pêcheurs regroupés dans le Forum des Pêcheurs Pakistanais, ont remporté récemment une importante victoire sur le gouvernement du Sindh. Ce dernier avait en effet mis en place un système de contrats de pêche en eau douce, vendus aux enchères et donc très défavorables aux pêcheurs pauvres. Grâce à leur mobilisation, qui a même conduit certains d’entre eux momentanément en prison, ils ont obtenu le retour au système de licence, abordable et qui laisse aux pêcheurs leur indépendance. Ils ont aussi obtenu des mesures du gouvernement en faveur des communautés de pêcheurs : accès à l’électricité, infrastructures de stockage réfrigéré, routes, logements, écoles.









