Cuba - Carmen se bat avec acharnement pour le développement communautaire

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Cet article est paru en septembre 2007 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.

Cela fait maintenant 13 ans que Carmen Monteagudo est impliquée dans le CIERIC (Centre d’échange et de références sur les initiatives communautaires), partenaire cubain de FdH. Cette économiste de formation s’est découvert une passion pour le développement communautaire. Et elle la vit pleinement. Souriante, elle partage avec nous son expérience, avec pédagogie et enthousiasme.

Carmen, quelles sont tes racines ?

Rurales, évidemment. Mes parents ont grandi dans des petits villages, où les valeurs humaines de solidarité sont systématiquement présentes, où les choses les plus élémentaires sont primordiales, où l’on profite de la nature, où l’on s’en occupe. Et surtout, où l’on reconnaît son importance pour la survie de la communauté. Mes parents et mes grands parents ont travaillé dur et n’ont pas été à l’université. Mais j’ai appris d’eux des enseignements précieux que je mets aujourd’hui en pratique et qui me servent dans ma vie personnelle et professionnelle.

Parle-nous de ton parcours, de tes luttes

Carmen Monteagudo, membre du CIERIC. © CIERIC

J’ai étudié les mathématiques et la cybernétique et j’ai exercé dans ce domaine pendant quelques années avant de me mettre à l’économie. Ce fut cette spécialité qui me conduisit au CIERIC, où j’ai alors découvert ma vocation pour le travail social. Aujourd’hui, les misères humaines qui rendent les hommes injustes, qui exacerbent les inégalités et qui engendrent des conflits me touchent beaucoup. Tout comme l’inconscience des grandes puissances qui sont en train de détériorer à pas de géant la nature et donc l’espèce humaine. Je veux lutter contre l’égoïsme et l’opportunisme des êtres humains.

Comment en es-tu venue à travailler dans le domaine associatif ?

Au début des années 90, une amie a créé l’ancêtre du CIERIC. Dans un contexte de crise économique du pays, elle a fait appel à moi pour que je prenne part à la promotion des idées nobles qu’elle souhaitait défendre. Je me suis alors occupée des finances de l’association avant que se réveille ma vocation pour la recherche de compromis sociaux. A partir de là, j’ai commencé à construire des projets en commun avec les groupes communautaires, je les ai accompagnés dans leurs stratégies de développement et de formation afin de leur permettre d’assouvir leurs désirs et d’améliorer leur qualité de vie.

Pendant plusieurs années tu t’es impliquée, à travers le CIERIC, dans le projet de rénovation du PMH, [1] parle-nous de cette expérience

Dans un premier temps, cette expérience m’a fait peur : c’était une tâche importante et qui impliquait surtout beaucoup de personnes et d’institutions. Mais nous nous sommes engagés et avons proposé une structure pour la gestion du projet avec l’aide de spécialistes. Ces derniers se sont intégrès au projet et nous avons ensuite formé des groupes de travail. Aujourd’hui, nous voyons avec satisfaction comment les propositions se maintiennent et s’enrichissent.

Sur quels projets travailles-tu actuellement ?

En ce moment, je coordonne le programme des Initiatives durables que promeut le CIERIC et qui permet la mise en application de projets socioculturels communautaires, engagés dans la durée. Aujourd’hui, les traditions et coutumes des communautés rurales dans lesquelles je travaille ont disparu. Les modes de vie et de production se sont modifiés, ce qui, associé à la crise économique du pays, met en relief toute l’importance des carences. On cherche donc des alternatives de production, afin que ces communautés puissent donner un nouveau sens à leur existence en créant une certaine autogestion. Cela me rend heureuse de voir augmenter l’espérance de vie des groupes avec lesquels je travaille.

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Que mes enfants grandissent dans un monde plus juste, qu’ils sachent voir, comme moi, les grandes disparités qui existent et qu’ils deviennent ainsi des hommes et des femmes œuvrant pour la justice sociale.

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Résonances Latino-Américaines N° 16 - Septembre 2007

Mise à jour: lundi 10 septembre 2007
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