Depuis plus de 15 ans, le pays est le théâtre de violents conflits. Les tensions se cristallisent dans l’est du pays où les populations, et notamment les femmes, ont appris à vivre entre insécurité et pauvreté. Pour l’Association pour la promotion de l’entreprenariat féminin (APEF), partenaire de Frères des Hommes, ce constat n’est pas une fatalité !
Dans la ville de Bukavu, de nombreuses travailleuses ont bénéficié de l’appui de l’APEF pour démarrer leur micro-entreprise. Elles se consacrent à la broderie, au tricot ou à la teinture, des activités qui leur permettent d’être financièrement autonomes et de s’affirmer au sein de la sphère sociale congolaise. Mais à quelques kilomètres de la ville, les travailleuses rurales vivent dans des conditions beaucoup plus problématiques.
Les unités de production de Kamanyola et Lubarika offriront aux femmes de l’APEF, ainsi qu’aux autres agriculteurs de la région, la possibilité d’utiliser des machines servant à la transformation de céréales et d’huile de palme. Pour Salufa Nunu, responsable de l’APEF, ce programme est une petite révolution : « Avant, les femmes cassaient les noix de palme à la main, avec le concasseur elles pourront produire 20 litres d’huile par jour alors qu’elles peinaient à en atteindre 5. »
Dans la région, le projet suscite déjà beaucoup d’enthousiasme. Symbole de cette mobilisation, Claude était dubitatif vis-à-vis du projet lorsqu’il a accompagné pour la première fois sa femme à une réunion du comité de gestion de Lubarika. Aujourd’hui convaincu, il est devenu membre de l’APEF puis a fini par intégrer à son tour le comité. Il y a quelques mois, Claude a même fait don d’une quantité importante de bois qui a servi à construire la charpente des ateliers.
Reste au comité de gestion à se structurer et à organiser les activités de la meilleure des façons qui soit. Une entreprise que ses membres abordent avec beaucoup d’ambitions mais aussi quelques appréhensions, comme l’a souligné Lucienne au début de la dernière réunion : « L’APEF a donné naissance à un enfant, il y a eu la gestation et maintenant nous sommes là. Tel un enfant, nous avons besoin que l’on nous nourrisse, que l’on nous éduque. » Ce à quoi Salufa Nunu a répondu que « l’enfant (devait) grandir et devenir autonome mais que l’APEF (serait) toujours là pour l’accompagner et l’orienter ». Le travail de maturation peut commencer.
| Cet article est paru en mai 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |












