Béatrice travaillait dans une banque. Jusqu’à ce que les guerres et les violences la condamnent au chômage : « je n’arrivais pas à joindre les deux bouts avec mes enfants. » Avec d’autres femmes dans la même situation qu’elle, elle décide de créer une association, puis rencontre l’Apef. « J’ai pu recevoir une formation en broderie. J’en avais fait un peu plus jeune, alors c’était une bonne opportunité pour améliorer ma technique. C’était il y a 5 ans. J’ai suivi une formation de 6 mois, puis un stage d’un mois. On m’a ensuite prêté une machine à coudre, du fil, du tissu et je me suis lancée. » Depuis, une fois par mois, elle reçoit la visite d’un formateur qui la conseille dans son travail, aussi bien sur la gestion des stocks que sur ses relations avec les clients. Maintenant équipée d’un générateur, elle est à l’abri des fréquentes coupures d’électricité. « Aujourd’hui, je gagne ma vie. Mes enfants sont ou ont tous été à l’école, je paie mon loyer. J’ai acquis de la confiance en moi, les gens apprécient ce que je fais. [...] Avant les vêtements étaient importés du Burundi ou du Rwanda, il n’y avait pas de broderie ici ! »
Germaine Kavira est originaire de Goma, au Nord-Kivu, mais elle vit aujourd’hui dans le village de Senge, au Sud-Kivu car son mari fonctionnaire a été muté. « Mais comme tous les enseignants, il est très mal payé… quand il est payé ! » Avec 25 autres femmes, elle a rejoint l’association Grenier, dont elle est aujourd’hui présidente. Elle raconte : « En 2008, après plusieurs formations, nous avons obtenu un crédit pour notre activité de vannerie. Celle-ci n’existait pas par ici, mais venant de Goma et connaissant la technique, je l’ai apprise aux autres femmes. Les paniers sont très prisés et notre activité est rentable. Aujourd’hui, nous sommes 20 à travailler. Nous produisons chacune 2 paniers par jour… il y a une nouvelle qui en produit même 3 par jour, et de bonne qualité ! Nous avons très vite remboursé notre premier crédit. Nos enfants sont maintenant scolarisés et j’ai réussi à construire une petite maison à nous. »
Il y a 4 ans, à la mort de son mari, Jeanne-Marie Kalissa a quitté le Katanga pour revenir vivre près de ses parents à Luvungi, dans le Sud-Kivu. A cette époque, elle achète et revend de la farine, mais ne s’en sort pas. Elle rencontre alors l’association Grenier et les femmes qui en sont membres la conseillent. « Quelques mois plus tard, j’ai obtenu un petit crédit de l’Apef. » Cela lui permet de cultiver du manioc, le transformer et le vendre. Elle parvient même à épargner, et s’achète un lopin de terre, dans une carrière. « Mais un jour, un grand propriétaire est arrivé et m’a pris ma terre. Je me suis retournée vers l’Apef, qui m’a aidée à me défendre, et j’ai pu récupérer ma parcelle. » Forte de cette expérience, elle conseille les familles qui rencontrent les mêmes difficultés. Aujourd’hui, elle vend les moellons extraits de la carrière et fait travailler quelques personnes pour tailler les moellons. Les enfants de Jeanne-Marie sont tous scolarisés, et elle est également en mesure de prendre en charge ses parents.
Découvrez l’ensemble des activités mises en place par Frères des Hommes et l’Apef :
RD Congo - Femmes entrepreuneuses et paix
| Cet article est paru en novembre 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |












