Quand les écoliers d’Haïti deviennent de vrais petits agriculteurs en herbe

Qui a dit que le développement durable n’était qu’une affaire d’adulte ? Certainement pas l’école nationale de Bassin Zim en Haïti. Soutenu par le Mouvement paysan Papaye (MPP), partenaire de Frères des Hommes, un projet à la fois pédagogique et solidaire vient d’y être mis en place. Il s’agit de former les écoliers aux techniques d’agriculture durable et d’améliorer le mode d’alimentation des jeunes Haïtiens.

A l’école nationale de Bassin Zim (localité de la 4e section communale de Hinche, à 128 km au nord-est de la capitale), écoliers et enseignants s’adonnent à l’agriculture maraîchère. Sur une surface d’environ un hectare, choux, kalalous, tomates, épinards, aubergines, papayes, carottes et beaucoup d’autres variétés de légumes et de fruits envahissent progressivement la cour de l’école.

Les élèves du cycle secondaire (15-20 ans) préparent les plantes pour la mise en terre, tandis que les élèves du cycle fondamental (5-14 ans) se chargent de les entretenir. Ici, rien n’est vendu, tout est consommé dans la cantine de l’établissement scolaire. De sorte qu’aujourd’hui, l’école nationale de Bassin Zim est devenue le premier établissement du Plateau Central où les élèves font valoir leur enthousiasme à consommer des produits du pays. Pour ces enfants de paysans, consommer des produits locaux à travers cet apprentissage pratique en agriculture est une grande chance. « C’est pour moi une occasion spéciale de manger des légumes sains… A 13 ans déjà, je sais comment cultiver la terre… C’est un exploit pour moi  », se félicite Joceline Jean, une jeune élève originaire de Papaye (à 7 km de Hinche).

Pendant que le programme alimentaire mondial (PAM) leur procure des sacs de riz, les écoliers peuvent compter sur les travaux des champs qu’ils réalisent, afin de s’approvisionner en autres produits de consommation quotidienne. Saluant cette initiative d’entraînement à l’agriculture maraîchère, les écoliers souhaitent même que tous les établissements scolaires de la région incluent cette pratique dans leurs cursus. « Nous devons agir comme nos parents. Notre avenir nous concerne et nous devons le construire avec nos propres mains » déclare un élève.

Cette activité d’initiation à la culture maraîchère à l’école nationale de Bassin Zim est mise en œuvre grâce à l’appui financier du « Hard Rock Philantropic » et à un apport technique du partenaire haïtien de Frères des Hommes, le MPP (Mouvement paysan Papaye). Selon le porte-parole de l’association, Jean-Baptiste Chavannes, « il est du devoir des parents, des institutrices et instituteurs, d’enseigner aux élèves l’importance de l’agriculture biologique et de les renseigner sur leur mode de consommation. »

Cet article est paru dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 27 mars 2012

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Les actus du programme d’agriculture vivrière et familiale sur le Haut Plateau Central, ici

Pour ce projet, Frères des Hommes a également obtenu le soutien financier de la Fondation de France.

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