Henri Lefebvre pourrait être Corto Maltese ou un âne : « C’est bien un âne, ça voyage ! »

Henri est un aventurier intrépide, toujours à l’affût de nouveaux horizons. Ce jeune Lillois de 24 ans a un parcours atypique et original. A 10 ans il part avec ses parents au Sénégal et vivra 6 ans à Dakar. Adolescent, il part ensuite un an au Burkina Faso où il passera alors un Bac ES.

Il a beaucoup aimé pouvoir voyager ainsi en Afrique et voir que « les gens pouvaient vivre autrement », que chaque société se construit en fonction de sa propre histoire. Cela lui a donné le goût pour les voyages et l’envie de vivre à l’étranger dans des endroits différents, pour être « surpris tous les jours dans la vie quotidienne ». Ce goût de la rencontre avec les autres et le plaisir de comprendre, Henri le ramène à son retour à Lille où il passe un Deug en histoire à la fac de lettre. Sa matière préférée a toujours été l’histoire, il a l’impression qu’on lui « raconte des histoires », justement, et il adore faire des recherches en se basant sur la documentation existante.

Rentré à Sciences Po Lille il souhaite ouvrir son cursus et ne pas s’enfermer dans une filière. Il partira alors pour une année de mobilité à Bombay en stage à l’Alliance française et sa soif de la découverte sera à nouveau abreuvée. Bombay – lieu de rencontre entre le nord et le sud de l’Inde - l’aura réellement fasciné. Une ville qu’il qualifie de « très fatigante », avec trop de circulation, de population, de klaxons, mais aussi de « très intéressante », avec une population qui vient de partout en Inde et des cultures différentes très fortes.

Cette nouvelle expérience lui apporte une corde supplémentaire à son arc. Comme il le dit : « en Inde comme en Afrique, les gens vivent complètement différemment ; l’organisation humaine est très complexe et diversifiée. » Ce voyage débouchera sur un mémoire sur le cinéma bollywoodien et l’identité nationale indienne. Il choisit ensuite d’orienter son M2 vers une spécialisation dans l’histoire anthropologique, et un mémoire sur « le faux départ de Moogo-Naaba », le roi des Mossies à Ouagadougou au Burkina Faso. Ce rite où le rôle social politique du roi est affirmé chaque vendredi dans une cérémonie où il doit choisir entre la paix ou la guerre pour le pays, l’avait intrigué, et il reconnait que le thème du pouvoir le fascine…

Pourtant, Henri le viking a la blonde chevelure ne s’arrête pas là. Il a encore d’autres conquêtes à conduire et se tourne vers un M2 en cinéma pour réaliser son désir de se mettre dans le film documentaire, pour lui un moyen de faire de la recherche sous un média différent.
Cette nouvelle spécialisation le projette par hasard sur une annonce de Frères des Hommes au Sénégal : c’est une occasion pour lui d’y retourner et d’utiliser ses compétences en audiovisuel !

Il a d’abord passé trois semaines au siège de l’association, pendant lesquelles il a appris à mieux connaître Frères des Hommes, l’association la Kora-PRD et le projet d’appui à la menuiserie mis en place.

Il est ensuite parti pour 3 mois à Dakar, afin de travailler sur la conception d’un spot télévisuel pour l’ONP Bois.

Après cela il cherchera sans doute un travail sur Paris et fera peut être de la recherche, une thèse sur un terrain étranger, certainement le Burkina Faso, mais idéalement pas en France. Dans dix ans, Henri se voit « ailleurs ». Si possible, il aimerait retourner en Inde, et vivre sa vie de tous les jours dans un contexte étranger.

Portrait réalisé par Azalée Rombault

Mise à jour: jeudi 23 juillet 2009

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