Comment est née Massy-manger bio et quelle volonté a inspiré sa création ?
L’association Massy-manger bio a démarré il y a 2 ans et demi, à partir d’une réflexion faite dans un groupe local. Ce groupe, impliqué à la mairie (l’un des membres fait partie du conseil municipal) s’est ouvert à des préoccupations plus environnementales et humaines. Nous avons pris 3 initiatives, une première sur la problématique de l’eau, une suivante sur la question de la circulation à vélo dans Massy et une dernière sur l’alimentation et sa qualité, ce qui s’est traduit par la mise en place d’une structure locale d’échanges avec les agriculteurs .
Au vu des considérations environnementales qui motivent une telle initiative, comment se gère l’équilibre entre le nombre d’adhérents de l’Amap et le lien avec les producteurs ?
Il nous semblait important que le contact se maintienne entre les membres de l’association et les agriculteurs, on s’est fixé un nombre limité d’adhérents. Au début, nous avons fonctionné avec 100 adhérents, avec une liste d’attente et un renouvellement régulier. Parallèlement, l’association a connu un développement par le nombre de contrats établis avec des producteurs, soit une quinzaine gérés indépendamment les uns des autres, pour une douzaine de producteurs différents. De ce fait, les gens de l’Amap avaient tendance à prendre un peu plus de produits, mais une moins grande quantité de chaque produit. En même temps, ces personnes se sont mises à réguler de mieux en mieux leurs besoins, avec des commandes moins importantes qu’au début. Sur certains contrats, nous étions en dessous du seuil limite pour des déplacements corrects, en terme de coût écologique et économique. Nous avons donc augmenté le nombre d’adhérents de façon à assurer une quantité minimale aux producteurs. Nous disposons d’une gestion suffisamment souple pour travailler aujourd’hui sur une base de 150 adhérents.
Comment intervient la notion de solidarité au sein de l’Amap Massy-manger bio ?
Massy-manger bio est adhérente aux Amap-Ile-de-France. Par rapport à la charte originale des Amap, la différence est que l’on n’aide pas l’agriculteur à la mise en culture d’un produit ou d’une production, mais en s’engageant sur une quantité qu’on va lui acheter. C’est lui qui reste à l’initiative de sa production, avec une libre gestion financière de celle-ci. Très peu d’Amap fonctionnent comme cela, alors que s’engager sur une quantité achetée aide véritablement l’agriculteur. De plus, lorsque l’agriculteur est en difficulté, quand sa production n’est pas conforme à une moyenne, il y a un partage du risque potentiel.
Quel lien faites-vous avec une solidarité Nord-Sud ?
Outre cette solidarité vis-à-vis de l’agriculteur par rapport à son engagement, nous étions confrontés à la difficulté des agriculteurs pour accéder au foncier. C’est pourquoi on était intéressé par la campagne Mondialisons nos solidarités de Frères des Hommes. On s’est aperçu qu’il pouvait y avoir une démarche parallèle. Enfin, une question personnelle et importante pour nombre d’entre nous, est de savoir si être en Amap est une démarche égoïste, pour avoir de bons produits, ou si cela s’inscrit dans une démarche plus globale, qui ne s’oppose pas à certaines initiatives dans les pays émergents. A ce propos, la conversation que nous avons eue avec Frères des Hommes et les informations que nous a apporté Mondialisons nos solidarités, nous ont permis de mieux voir que notre action au niveau local a aussi un impact global, que nous sommes capables d’expliquer et de faire le lien avec les initiatives dans d’autres pays.
Pour en savoir plus sur les activités mises en place par Frères des Hommes, pour la campagne Mondialisons nos solidarités : http://www.mondialisons-nos-solidar...
Retrouvez également le site de Massy-manger bio : http://www.massymangerbio.fr/
| Cet article est paru en novembre 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |











