De retour d’Indonésie
Bonjour !
Me voici de retour d’Indonésie. L’avion a atterri dimanche 30 septembre sur le tarmac de Roissy… Et le choc thermique a été tel qu’il m’a même valu un méchant rhume. Mais qu’importe le nez qui coule, j’avais encore la tête dans les étoiles… indonésiennes.
Après l’avoir tant étudié, j’ai pu enfin voir de mes propres yeux cet archipel de l’Asie du Sud-est qui me fascinait tant… Loin des articles de journaux parlant invariablement du tsunami, des tremblements de terre, de la corruption et des islamistes censés se balader dans le coin, j’ai découvert un pays fascinant, en pleine ébullition. La population profite depuis la chute de la dictature militaire en 1998 d’un nouvel espace démocratique, qu’elle investit à grand renforts de mobilisation sociale. Il faut dire que j’ai eu l’avantage non négligeable de découvrir le pays par le biais des partenaires de Frères des Hommes, qui m’ont réservé un accueil remarquable !
Je me suis mêlée à leurs activités militantes et me suis retrouvée plongée dans le bain de la réforme agraire : manifestations, rencontres avec des responsables politiques à Jakarta, session de formation dans les campagnes… Ballotée d’une activité à l’autre, j’ai pu découvrir l’Indonésie urbaine puis rurale sur l’île principale de Java, à la rencontre d’Indonésiens issus de la haute sphère politique, des classes moyennes éduquées ou des populations les plus défavorisées. Toujours, j’ai été accueillie à bras ouverts et toujours, j’ai rencontré des populations avides d’échanges et de débats.
Il n’était pas rare que, de passage dans un village, une vingtaine de personnes vienne me rencontrer le soir venu, dans le seul but de partager nos visions du monde autour d’un thé. Mes hôtes et interlocuteurs me remerciaient d’abord souvent d’avoir fait le déplacement jusqu’à eux, et me demandaient de relayer largement à mon retour ce que je voyais pendant mon voyage. S’en suivait un long débat sur leur situation et leur combat pour la terre, mais aussi sur la question de l’agriculture en France, les cultures produites ou les subventions dont bénéficient les paysans. L’occasion pour moi de prendre vraiment conscience de l’importance capitale que revêt une bonne gestion de la terre, tant à l’autre bout du monde, où je me trouvais, que ici en France et en Europe.
J’ai certes pu me rendre compte que le tableau de la société civile en Indonésie n’était pas tout rose. Les mouvements sont encore fragiles et les violences envers manifestants, syndiqués ou opposants n’ont pas disparu. Mais après un mois passé au contact des plus engagés, je suis revenue en France frappée par tant d’énergie et de combativité, dont nous aurions à nous inspirer ! J’ai notamment été très agréablement surprise par l’implication des étudiants auprès des mouvements paysans, une alliance difficilement envisageable en France et qui pourtant fonctionne parfaitement en Indonésie.

Et bien sûr, au-delà de la découverte des partenaires de Frères des Hommes et de leurs actions, c’est tout un pays et une culture que j’ai pu pénétrer. Hasard du calendrier, j’ai eu la chance de vivre une partie de mon séjour au rythme du ramadan, assistant ainsi à une véritable métamorphose du pays ! Malgré toute ma bonne volonté de suivre le mouvement, mon jeûne n’a pourtant pas duré plus de quelques jours. Je me suis donc ensuite mêlée aux catholiques, aux femmes enceintes, aux bouddhistes et aux athées pour avaler sur le pouce un bol de riz le midi. Le riz, j’ai eu la joie de le croiser sur mon chemin matin, midi et soir. Mais il commence déjà à me manquer, tout comme le tofu, les beignets de crevettes, les pattes de poulet, et les boulettes de viande qui l’accompagnaient souvent. Et bien sûr, je garde un souvenir impérissable des sourires échangés (ma connaissance du bahasa se limitant au minimum vital de survie) au détour des rues et des rizières avec les enfants, fascinés à la vue d’un « boulé » (les Blancs) et avec leurs parents.
Ma première expérience indonésienne m’a séduite, ce ne sera donc certainement pas la dernière !


Le 24 septembre 2007
Bonjour à tous !
Je fais une entorse a la règle pour ne pas vous parler de travail, mais pour vous raconter un bout de mon week-end touristique à Jakarta (comme quoi, c’est possible...)
Après une semaine au siège de KPA à Bandung, j’ai retrouvé Jakarta, sa moiteur, sa circulation, son agitation, sa pollution. Figurez-vous que pour ce qui est de la chaleur, je m’y fais et j’apprécie même plutôt !
Pendant le week-end j’ai décidé de me faire des petites escapades, abandonnant le ramadan, et laissant mes collègues se reposer au frais. Destination le ’centre’ de Jakarta... Mais avant il a fallu y aller... ce qui ne fut pas une mince affaire. Après deux bus (où joueurs de musique, mendiants et autres vendeurs ambulants -des coupe-ongles, à manger, des porte-clefs...- se succèdent) et un changement âprement négocié, je suis donc arrivée sur la place, immense, de l’indépendance. Une petite visite au tout petit musée national (avec des tas de statues hindous et bouddhistes qui m’ont rappelé mes cours de l’histoire de l’art du Japon), puis LE monument national. Sorte d’obélisque géant qui se termine par une espèce de flamme dorée... Les Indonésiens l’appellent ’la dernière érection de Suharto’ (Suharto étant le premier Président de l’Indonésie, papa de l’indépendance). Au sous-sol, une histoire ’officielle’ de l’Indonésie (très drôle... on y apprend par exemple que les Papous ont toujours voulu faire partie de l’Indonésie et qu’ils ont choisi leur adhésion au pays par référendum - alors que seul quelques notables ont pu voter). J’ai pu monter en haut (160 mètres environ), j’espérais avoir une jolie vue sur Jakarta, voir la mer (Jakarta est un port à la base) au Nord et les volcans au Sud... Je n’ai vu, en raison de la chaleur et de la pollution (mais surtout la pollution) que des immeubles dans un périmètre de 500 mètres environ (et encore, je suis gentille)... Mais euh ça valait quand même le coup... rien que pour ne pas oublier que la pollution n’est pas un mythe et que vive Greenpeace.
Et puis le lendemain, j’ai décidé de continuer à visiter Jakarta. Pour visiter Jakarta, faut se lever de bonne heure. Mais alors pour visiter Jakarta deux jours d’affilés, faut se lever vraiment de bonne heure ! Je me suis donc levée vraiment de bonne heure. Direction ’Batavia’, la vieille ville, et le port. La vieille ville, en ce dimanche matin de ramadan, et sous un soleil de plomb, était presque déserte. Ajouter en plus à cela une ambiance de ville abandonnée car le centre regorge de vieux bâtiments de l’époque de la colonisation néerlandaise livrés a eux mêmes, tombant en miettes (le toit qui s’est écroulé, les murs fissurés,...) et inhabités. Une vague impression de ville fantôme. Je me suis donc dirigée vers le port, en faisant attention au soleil et surtout aux voitures (rien n’est prévu pour les piétons, il n’y a même pas de trottoirs... d’ailleurs les Indonésiens marchent très peu, même sur des courtes distances : ils prennent la mobylette ou les petites camionnettes de transport en commun). Je n’ai pas été déçue du voyage. Le port est rempli de bateaux très colorés faits en bois (et sans clous... ils viennent des Célèbes, une des nombreuses îles indonésiennes, et leurs commandants sont les descendants des pirates... assagis et enrichis par le commerce), avec des mats immenses... Et tout autour grouillent les ouvriers, qui ont la peau brulée par le soleil, sont maigres comme des clous et ont les muscles très taillés. Ils s’affairent sous un soleil étourdissant, et charrient des camions aux bateaux du bois, des cageots de fruits, des sacs d’engrais... Un travail épuisant, qui explique bien que là-bas, ramadan ou pas, tout le monde boit et mange. Et tout autour, une nuée de marchands ambulants... Bref, une escapade très frappante... Loin du tourisme ’classique’, et pourtant je suis vraiment ravie d’avoir pu assister à une matinée ordinaire au port.
Fin du week-end touristique, je me replonge dans le travail pour ma dernière semaine en Indonésie... Que le temps passe vite !
Le 19 septembre 2007
Bonjour à tous,
Voici quelques nouvelles indonésiennes un peu plus personnalisées que les comptes-rendus précédents (que vous n’avez pas manqué de lire, j’en suis certaine ;-))... sur le ramadan !
Le pays vit donc au rythme du ramadan depuis bientôt une semaine, ce qui le transforme considérablement. Dans les rues, la multitude d’échoppes et de marchands ambulants qui vendaient plats préparés, friandises, jus de fruits, encas,... disparaissent jusqu’à la rupture de jeûne, vers 18h. Ce qui fait un sacré vide sur les trottoirs et au bord des routes ! Dans la journée, les Indonésiens pivotent donc sur le mode ralenti, afin de pouvoir tenir jusqu’au bout. Je suis donc forcée de me mettre sur le même rythme, et d’apprendre la patience... deux caractéristiques qui ne font pas spécialement partie de mon patrimoine génétique !
Le ramadan, comme vous pouvez vous en douter, est un formidable moment de convivialité. Non seulement sur le moment, quand on est tous dans la même situation de faim et soif, mais aussi au moment de la rupture du jeûne et du partage de plats spéciaux (la rupture se fait en deux étapes : une soupe ou un mélange sucré/salé, généralement chaud, puis un repas normal), et enfin à trois heures du matin... quand vous vous levez pour manger avant le lever du soleil. Bon, je dois avouer que le lever à trois heures du matin pour avaler riz, poisson séché, tofu et haricots fermentés ne sera pas ce qui me manquera le plus à mon retour !
Tiens, à propos du riz, connaissez vous la consommation annuelle et par habitant en riz d’un Indonésien ? 150 kg... je ne suis pas douée en maths et vous laisse faire le calcul, mais ça fait beaucoup... A titre de comparaison, au Japon elle a chuté à 50 kilos suite à l’augmentation du pouvoir d’achat et à la diversification de l’alimentation qui en a découlée.
Pour moi cependant, le ramadan est une formidable expérience à partager avec les Indonésiens, et c’est aussi un vecteur d’intégration formidable (comme ils ne s’attendent pas à ce qu’une occidentale non musulmane le fasse, ils sont super contents que je suive le rythme).
Tous les Indonésiens que j’ai rencontré le font, et sont très pieux. Les plus engagés dans les mouvements sociaux tiennent à s’appuyer sur l’islam d’une part afin de rallier l’immense majorité de la population et d’éviter que ce ne soit l’Etat qui se serve de la religion pour manipuler la population ; et d’autre part parce que s’appuyer sur l’islam permet d’éviter d’être accusé de communistes - alors que la réforme agraire continue d’être associée au communisme, qui fait frémir de larges pans de la population.
P.S : et pour la route... savez vous comment on dit un ’blanc’ en indonésien ? Un ’Boule’ (avec un accent, prononcer boulet donc)... je trouve ça assez, euh, amusant ! (imaginez vous au milieu d’un petit bled avec une nuée d’enfants qui, à votre passage, crient à n’en plus finir boulet ! boulet ! boulet !)
Le 12 septembre 2007
Bonjour à tous !
Me revoilà pour vous donner quelques nouvelles fraiches indonésiennes (enfin, fraiches, hum, on se comprend, ici il fait chaud !).
Par où commencer ? J’ai d’abord passé un moment à Bandung au siège de Pergerakan. Cette phase ‘bureau’ m’a permis de me familiariser avec l’organisation, les salariés, les militants qui gravitent autour. J’ai aussi rencontré des activistes et paysans de passage.
J’ai ainsi eu l’occasion de rencontrer Mukti-Mukti, chanteur local, sacré phénomène... et ami de Pergerakan. Son studio est dans la même maison que les bureaux de Pergerakan. Il relaie les causes de Pergerakan à travers ses concerts et tournées à travers les campagnes.
J’ai aussi pu découvrir Bandung un peu plus, me suis baladée dans les petites ruelles. J’ai souvent fait l’attraction, et les contacts avec les enfants ont été chouettes. L’appareil photo a été d’une grande aide, puisque régulièrement des gens me demandaient que je les prenne en photo… du coup j’en ai tout un stock ! Bon, certes, par conséquent les gens posent, mais du coup j’ai aussi des photos que je n’aurais pas forcément osé prendre, notamment des portraits, ou encore des petits vendeurs de rue.
Un petit tour en mobylette (le moyen de transport pas excellence ici, au point que les embouteillages de mobylettes et scooteurs ne sont pas rares), j’ai eu un aperçu de la banlieue sud de Bandung, où fleurissent les usines de textiles qui chassent les petits producteurs.
Et puis j’ai également eu l’occasion d’améliorer la dextérité de mes doigts, et j’arrive presque à manger aussi vite que les Indonésiens (qui avalent leur repas en 5 minutes chrono... !).
Jeudi dernier, j’ai rendu une première visite au SPP, une organisation paysanne très proche de KPA et de Pergerakan : si vous replongez dans le Résonances Asie de mars dernier, vous trouverez un article sur la SPORA, formation menée par les trois partenaires afin de former des leaders paysans. Cette journée passée auprès du SPP, à l’occasion d’une formation à laquelle des membres de Pergerakan participaient, a été l’occasion pour moi de pouvoir discuter avec des jeunes élèves des écoles du SPP, avec des femmes paysannes... Un grand bain de foule très agréable après la phase ‘bureau’ !
J’ai ensuite filé sur Batang, dans la province de Java Centre, où se tenaient des élections locales. Pour la première fois dans la région, des membres d’organisations locales, petits paysans ou travaillants dans des plantations, se présentaient… et ont été (bon, pas tous…) élus ! Bref, un grand moment que je partagerai très vite avec vous… c’est promis ! (en fait j’ai fait à la demande de Pergerakan une petite présentation Power Point en anglais, et je vais essayer de l’envoyer… vu la connexion, je ne suis pas sûre d’y arriver. Auquel cas je vous enverrai les infos la semaine prochaine !)
Ces deux séries de rencontres m’ont absolument bluffée ! Par tant d’énergie, d’inventivité dans l’action, tant de volonté et de hargne pour un combat commun… Une belle leçon de vie et d’inspiration pour nos mouvements sociaux fatigués… Bien sûr, je n’ai qu’un regard d’extérieur et de surface, et je simplifie, bien sûr ! Mais quand même… J’ai été vraiment impressionnée !
Toujours de l’extérieur, et malgré un contexte politique peu favorable, j’ai vraiment l’impression que les Indonésiens (bon, faut dire aussi que je croise les plus engagés…) ont une énergie incroyable (mêlée à un grand patriotisme…) et une réelle volonté de faire bouger les choses. D’ailleurs, à la TV, dans les journaux, tous les jours des manifs et protestations font la une.
Le point extrêmement positif d’une telle mobilisation est qu’elle regorge de jeunes. Au SPP, au FPPB à Batang, des jeunes (collégiens, lycéens) sont là. Il y a aussi beaucoup d’étudiants qui gravitent et participent. Ils étudient le droit, l’économie, l’anthropologie, la sociologie. Ils sont passionnés, et citent Foucault et Bourdieu à tour de bras. Bref, un régal pour discuter (quel dommage que l’anglais ne fasse cependant pas partie de leur cursus…).
A côté de ça j’ai aussi découvert le Bandung ‘middle-class’, notamment un immense centre commercial qui n’a rien à envier aux nôtres, avec immense complexe cinéma, magasins et restos en quantité innombrable, grande surface (Carrefour !)… Assez frappant, d’autant que j’y suis allée juste à mon retour de Batang…
Voilà pour cette semaine !
Demain je repars au SPP pour quelques jours cette fois, avant de filer sur Jakarta pour vivre un peu avec KPA. Et le ramadan commence demain… Je vous raconterai !
Le 02 septembre 2007
Bonjour à tous,
Voici donc les premières nouvelles d’Indonésie, où je suis arrivée jeudi dernier. J’y serai pour un mois (seulement, mon séjour préalable ayant été écourté pour raisons médicales). Il s’agit de la continuation de mon stage au siège de FDH, où j’avais essentiellement travaillé sur Résonances.
Je suis allée directement à Bandung jeudi chez Pergerakan, partenaire de FDH. Bandung est en altitude... du coup la chaleur est tout à fait supportable. Il fait beau, mais il y a de l’air. Heureusement pour moi, quelques-uns « parlottent » anglais... et comme c’est de l’anglais mondialisé, on se comprend parfaitement !
La première surprise culturelle ? Peut-être la vie ultra-communautaire ici. Le bureau de Pergerakan est en fait une grande maison et il y a sans arrêt du monde de passage. Ils vivent toute la semaine ensemble, certains passent le week-end au bureau. C’es le cas de ceux qui n’ont pas d’autre logement, mais même parmi ceux qui ont une maison ailleurs, nombreux dorment sur place ou restent jusqu’a 11h ou minuit. Et ils passent tout leur temps en groupe. A travailler, à manger, à regarder la TV, à jouer aux cartes, à discuter, à se taire... mais tout ça ensemble sans jamais s’isoler. Quand je me suis levée ce matin, ils étaient sept ( !!) assoupis devant la TV sur des matelas improvisés.
Mon programme est "évolutif" (il change régulièrement...). Normalement je reste à Bandung jusqu’en milieu de semaine, puis j’irai rendre visite au SPP, autre partenaire, plus dans la campagne mais non loin de Bandung. J’irai passer du temps à KPA (dernier partenaire de FDH) dans un second temps à Jakarta.
Hier Dianto (à la fois « Papa » de KPA et de Pergerakan) m’a amenée voir des plantations de thé qui datent de l’époque coloniale (d’ailleurs, il est assez plaisant de voyager dans une région où ce n’était pas la France colonisatrice, ça permet de se sentir moins coupable... et les relations sont plus faciles -même si en tant qu’européenne, je suis quand même plus proche des colonisateurs hollandais qu’un Indonésien...).
Cette "visite" a été l’occasion d’une vraie présentation politique et sociale du problème des grandes plantations où les travailleurs ne possèdent pas la terre mais sont juste des exécutants sous-payés (payés au kilo de thé ramassé très exactement, ils vivent parfois dans les plantations...) de grosses compagnies. Paradoxe suprême, en Indonésie on ne trouve que du café, thé et tabac de seconde classe. Les produits de qualité partent en Europe...
J’ai aussi eu l’occasion de voir des "resorts", sortes de petits villages fermes gardés par des policiers, avec tous les services et loisirs à l’intérieur (piscine, karaoké,...). Sont installées des villas luxueuses (souvent résidences secondaires qui plus est...) où les riches Indonésiens peuvent vivre tranquillement, loin de la compagnie fort peu agréable des pauvres. Comble du comble, ces "resorts" sont parfois propriétés des compagnies de thé, qui coupent les plantations pour spéculer sur le dos des travailleurs, sous couvert de "diversification économique" et, pire, d’"agro-tourisme".
Voila pour l’instant ce que j’ai eu l’occasion de voir. Le reste du temps, je m’imprègne de la vie ici, j’apprends à connaitre les partenaires, prends le temps de discuter... Je découvre l’Indonésie avec joie et curiosité (culinaire, notamment, bien que je ne sois pas fan des pattes de poulet !), accompagnée des amis partenaires qui sont aux petits soins.
Voilà pour les premières nouvelles, rapides mais finalement, je ne suis là que depuis trois jours... Suite donc au prochain épisode !
Le 09 juillet 2007
Bonjour a tous !!
Voilà maintenant une semaine que je suis arrivée, et je commence à prendre mes marques et à me repérer dans le quartier, et dans les alentours (pour ce qui est de me repérer dans tout Jakarta, j’ai de la marge…).
Je me mets à l’indonésien à fond, la langue est vraiment un handicap… C’est même extrêmement frustrant ! (Et il faut comprendre leur anglais !! J’ai grillé plusieurs neurones avant de comprendre que ‘please shit’ voulait dire ‘please sit’... !!) Bon, je sais que je ne serai pas bilingue en trois mois, mais si ça peu faciliter ne serait-ce qu’un peu les échanges, ce sera déjà ça de gagné !!
Bon, le problème, c’est que par-dessus ça, il y a plein de dialectes, que mes activistes préférés ici mettent en avant pour défendre la diversité face a l’hégémonie de la langue principale… Mais bon, tant pis, pour ça, je prends le risque d’être une impérialiste en ne parlant ‘que’ l’indonésien !!
Côté boulot pour l’instant je prends aussi mes marques… J’ai pu assister à une réunion entre des paysans et le directeur des conflits au Conseil National pour la terre… Puis le lendemain à une manifestation réunissant un collectif d’associations étudiantes, de femmes, de travailleurs, de paysans contre la nouvelle loi d’investissement. Des discours, des chants, un tribunal factice sur le trottoir, puis la remise par les représentants des organisations d’une demande à la Cour Constitutionnelle d’examiner la loi… Le plus frappant est que la manifestation avait lieu dans Jakarta, au milieu des buildings immenses, et devant une tour gigantesque de la Banque d’Indonésie. Le contraste était vraiment marquant…
Pour l’instant, ce que j’ai vu de Jakarta, c’est ça : des gros buildings, des centres d’affaires dans des tours immenses, des grosses voitures… Et coincés entre tout ça, des petits humains qui vivent dans des baraques plus ou moins en dur, et qui paraissent bien petits et vulnérables au milieu de tant d’argent… Je n’ai pas encore été dans les quartiers périphériques et plus pauvres… Ce sont juste des premières impressions d’un tout petit bout de Jakarta que je n’ai fait qu’entrevoir. _ A suivre donc !

J’ai loué une petite chambre juste à côte du bureau de KPA, mais n’y suis que pour dormir (elle est minuscule, et relativement glauque). Le reste du temps, je suis au bureau. Eux y passent leur temps, y dorment même pour certain. Y’a toujours beaucoup de monde de passage, c’est l’occasion de rencontrer d’autres « activistes » comme ils disent. On y prend les repas ensemble, l’ambiance est très chouette.
J’ai aussi fait une escapade à Bandung. C’est à échelle beaucoup plus humaine, en altitude, moins pollué, et il fait bien 5 degrés de moins. C’est considérable, vraiment ! Puis le trajet pour y aller (4h de train) est fabuleux. On y voit une végétation luxuriante ! Bon, je ne vous dis pas quoi (à part les terrasses de riz sur des collines entières) parce que je n’y connais rien en végétation, mais c’est vraiment sympa… D’autant plus que c’est très vallonné. On passe parfois sur un pont au milieu du vide avec rien sur les côtés… Et on est bien content d’arriver de l’autre côté !
Ah, puis pour ce qui est de la nourriture, c’est vraiment bon. Riz matin midi et soir… c’est sûrement ce qui m’a pour l’instant (restons réalistes) sauvé de désagréments gastriques… Pourvu que ça dure ! (ceci dit, ce n’est pas évident de manger avec les doigts, car il ne faut pas confondre manger du bout des doigts d’une seule main et manger a pleines mains !!)
A la fin de la semaine, je pars pour Batang, dans le centre de Java, au bord de la mer, pour une semaine… (enfin, normalement, mes plans changent souvent...) Changement de décors, pour me rapprocher des paysans et pêcheurs. Il me tarde de découvrir le côté rural de Java …
La connexion est vraiment mauvaise, mais je tâcherai de donner des nouvelles régulièrement. Travaillez bien, « stagez » bien et « vacancez » bien.









