Mattieu Piron, entre grimoires et soif de changement, le Breton qui buvait du maté froid

Mattieu s’est engagé avec Frères des Hommes dans le cadre d’un stage de trois mois auprès du pôle information-communication.

Mattieu a grandi aux abords de Rennes dans une famille bretonne depuis de nombreuses générations, comme le lui ont confirmé les registres de l’état civil dans lequel il aime plonger le nez pendant des heures. Il aime les livres, il est passionné d’histoire et veut la comprendre pour découvrir ses mécanismes.

Au moment de l’adolescence, il décide de s’engager dans l’éducation populaire, il veut l’accès à la connaissance pour tous. Il deviendra membre du conseil d’administration du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). Avec son groupe, ils seront de jeunes lauréats grâce à un projet de sensibilisation sur le thème des substances addictives. Mais comme tous les jeunes engagés il est conscient des inégalités Nord-Sud et pour en savoir plus, il décide de se tourner vers la solidarité internationale. Il veut voir le monde, rencontrer les cultures pour comprendre les mécanismes qui génèrent pauvreté et exclusion. Avec le CCFD il part en séjour d’immersion au Paraguay. Le but de cette rencontre était de rencontrer les organisations locales qui œuvrent à valoriser le territoire. En rencontrant des jeunes membres de la même association que lui à l’échelle internationale, le Mouvement international de la jeunesse agricole rurale et chrétienne (MIJARC), Mattieu a été impressionné par la différence entre ses propres projets de sensibilisation et ceux des jeunes Paraguayens qui visaient à améliorer le quotidien de toute la communauté.

Il est par la suite retourné en Amérique latine pour effectuer un stage à la Coordination des droits de l’Homme du Paraguay. Ainsi il a été choqué par le manque de garanties qu’offre un Etat non-démocratique où la corruption est présente partout et où les droits humains ne sont absolument pas inscrits dans la loi, comme celui de descendre dans la rue : un manifestant met sa vie et son futur en jeu. « En France lorsque je manifeste je ne mets pas ma vie en danger », rappelle-t’il. Cependant la société civile paraguayenne est unie. Le pays n’est sorti que depuis peu de la dictature et est confronté à un régime autoritaire. Pour Mattieu, « leur manière de s’organiser est pour la France un exemple à suivre. »

Apres un DUT en gestion du développement et de l’action humanitaire et un séjour dans le Bordelais, Mattieu remet en cause la légitimité de la solidarité internationale. Il a peur du néo-colonialisme, il se demande comment un étranger pourrait agir mieux qu’une personne locale qui connaît les us et coutumes. Il en a marre du discours dominant des médias et des ONG internationales qui poussent à faire agir les populations du Nord en se basant sur des discours émotionnels jouant sur la corde sensible du sentiment de culpabilité. Sa passion pour l’histoire (et les relations internationales) restée intacte, il œuvre aujourd’hui à trouver une nouvelle forme d’engagement, il veut par la recherche et la connaissance améliorer la situation sociopolitique. Il espère (de manière plus utopique) apporter certaines connaissances aux citoyens, en leur laissant ensuite le libre arbitre.

Pour toutes ces raisons il s’est reconnu dans les projets et les orientations de Frères des Hommes : il croit en de nouvelles formes de partenariat qui seraient plus égalitaires et moins patriarcales. L’année prochaine Mattieu souhaite continuer ses études sur Paris, approfondir ses connaissances et son savoir tout en restant un jeune homme engagé aux fortes valeurs humaines.

Portrait réalisé par Joséphine Infray

Mise à jour: mardi 4 août 2009

En images

Ce diaparama contient 7 images