« Dans les études que j’ai faites, j’ai toujours été intéressé par l’économie et la sociologie. J’ai fait un deug en sociologie et une licence en économie, mais comme le secteur de l’entreprise ne m’attirait pas, j’ai décidé de m’orienter vers l’enseignement, tout en continuant à faire ce qui me plaisait, à être « libre ». La vie a fait que je suis rentré dans l’enseignement primaire, je suis devenu instituteur, mais je me suis toujours intéressé de près au social et je me suis orienté vers les filières d’adaptation du collège pour les élèves avec de grosses difficultés scolaires, pour apporter un peu de ce que je peux donner.
(…) Le côté « humanitaire » m’a toujours poursuivi, j’ai toujours été intéressé par le Tiers Monde et les rapports Nord-Sud, comme on disait à l’époque, et plus particulièrement l’Afrique. L’idée de participer à un mouvement m’a toujours poursuivi et il y a 3, 4 ans, j’ai cherché une association, tout en évitant le côté urgentiste. Je voulais m’investir dans le développement, mais pas un développement du Nord qui va aider le sud, plutôt une synergie d’actions en commun. Je suis tombé sur une publicité dans le Monde diplomatique : « Aider ne veut pas dire assister » et en cherchant sur internet, j’ai vu qu’il y avait une équipe dans le Val d’Oise à Bouffémont. Quand je les ai contactés, Nadine Girot m’a accueilli les bras ouverts et m’a fait découvrir l’association. J’ai eu la chance de partir très rapidement en République démocratique du Congo avec elle et Laurence Constantini, du pôle projet.
(…) J’ai toujours été intéressé par la solidarité internationale. Frères des Hommes est pour moi plus « globalisant », plus large que les politiques nationales ou décentralisées. La politique de Frères des Hommes correspond à l’idée que j’ai du politique avec les campagnes de sensibilisation, le relais d’informations en provenance du Sud et surtout la possibilité de rassembler des populations du Nord et du Sud sur des thèmes communs, d’essayer de toucher un maximum de gens à la base et bien sûr le partage des décisions.
(…) Voyant mon engouement et mon attrait, Nadine m’a demandé de venir à l’Assemblée générale et d’un commun accord l’année d’après je suis rentré au Conseil d’administration en 2006 puis, je suis devenu président en 2008. Je n’ai jamais été déçu, et j’aime beaucoup tous les gens que j’ai rencontrés, le secrétariat permanent, les équipes locales.
(…) Frères des Hommes a l’avantage d’être petite dans sa structure mais avec des partenaires et des liens avec d’autres plus grosses structures. Nous gardons une facilité et une vitesse de décision qui m’attirent beaucoup. La citoyenneté telle que Frères des Hommes la pratique, en développant des valeurs communes et équitables, est le moteur de ma vie, l’enseignement est aussi un moyen pour moi de diffuser ces valeurs. Ma volonté, c’est que Frères des Hommes garde son autonomie, qu’elle ne se fasse pas « manger » par les grosses structures, qu’elle développe ses propres idées en continuant à agir selon ses convictions. »



