Quel était le rôle des volontaires dans les débuts de Frères des Hommes ?
Au départ, dans l’esprit du fondateur Armand Marquiset, il s’agissait de faire appel à des volontaires afin de mettre en place des projets de développement dans certaines zones très pauvres des pays du Sud. Ces volontaires étaient force de proposition et, sur la base de leur propre savoir-faire, ils développaient avec des acteurs locaux des initiatives pour lutter contre la pauvreté. Il y avait une très forte demande, les volontaires venaient de partout en France. Ils étaient alors formés au siège puis envoyés sur le terrain.
Aujourd’hui la situation est nettement différente…
Effectivement, dans les années 80, Frères des Hommes s’est progressivement orientée vers la consolidation d’acteurs des sociétés civiles dans les pays du Sud. Aujourd’hui l’engagement des jeunes volontaires n‘est plus le même : ils restent par exemple un temps déterminé sur le terrain (3 ans maximum). Leur objectif est aussi bien différent : ils sont là pour accompagner les organisations partenaires dans la réalisation de projets définis par le partenaire lui-même.
Comment expliques-tu cette évolution ?
Principalement par l’évolution de la ligne directrice de l’association en matière d’aide au développement : ne plus intervenir directement dans les pays du Sud, mais soutenir les associations localement. Le suivi des actions est maintenant effectué par le pôle projets de Frères des Hommes, mais c’est un appui globalement financier. Les acteurs locaux sont en charge des aspects opérationnels et techniques.
Je pense que cette évolution a apporté une nouvelle légitimité de l’intervention de Frères des Hommes. On est vraiment dans le développement des pays du Sud par les sociétés civiles de ces mêmes pays. Mais cela pose aussi une limite à l’action de l’association puisque là où il n’existe pas d’initiative locale, il n’y a pas de possibilité pour nous d’entreprendre ce type de projet de développement.
Quel est le profil des volontaires qui partent aujourd’hui ?
Depuis une dizaine d’années, on essaie de mobiliser des jeunes volontaires sur certains types de projets, notamment ceux subventionnés par l’Union européenne ou par l’Agence française de développement. Ce sont des jeunes gens qui ont généralement suivi des études en développement, en coopération internationale ou en gestion de projets. Pour chaque projet, bénéficiant de cofinancements importants, Frères des Hommes peut ainsi compter sur la présence du volontaire. Celui-ci intervient pour accompagner la mise en place des projets et pour fournir aux financeurs l’ensemble des rapports d’activité détaillés justifiant l’avancement des opérations. Les volontaires sont un lien privilégié entre les organisations partenaires sur place et Frères des Hommes, ils sont un vecteur d’informations très important. Si le statut et le profil des volontaires ont changé, leur rôle reste primordial pour l’efficacité des actions de solidarité et de lutte contre la pauvreté que mène Frères des Hommes à l’international.
| Cet article est paru en janvier 2012 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |










