Loïc Debray : « Voyager en vélo donne une vision particulière du monde »

De retour en France après 10 mois en selle solidaire dans le cadre du projet DynamoS’olidaire, la fatigue s’est d’abord abattue sur Loïc. Pourtant, quand on se voit 3 semaines plus tard pour parler de son expérience il a un joli teint qui n’a pas l’air parisien…

Traverser 12 pays fait découvrir des choses, certes : « On a appris beaucoup et j’ai envie de retourner dans plusieurs des pays qu’on a visités. » Cependant, Loïc souligne que voyager en vélo donne une vision particulière du monde : « Notre trajet permettait de rencontrer des gens, de discuter avec eux, mais pas suffisamment longtemps pour pouvoir vraiment rentrer dans les détails. Pourtant, les projets locaux qu’on a visités nous ont permis de comprendre un peu mieux les situations dans les pays. »

Le long de leur trajet, ils ont visité des initiatives locales de développement durable et d’agriculture paysanne. Ils présentaient à chaque fois les initiatives qu’ils avaient précédemment visitées, créant ainsi un lien entre les projets. En Inde, ils ont visité de nombreux projets de défense des droits des populations marginalisées, comme les dalits ou bien les femmes. Loïc se souvient en particulier de la visite à un groupement d’entraide de femmes, qui ont emprunté ensemble : « J’aimerais bien y retourner dans cinq ans, voir comment ça se passe. »

Sur le séjour au Tamil Nadu dans le sud de l’Inde, où les DynamoS ont passé le dernier mois du voyage accueillis par l’association Trust Rural Development (TRD), Loïc raconte : « On s’entendait très bien avec eux. Parce que le projet était déjà bien mis en place avec l’appui de Frères des Hommes, je ne me sentais pas du tout comme le petit blanc qui vient à leur secours… C’est une notion de solidarité internationale qui finalement allait très bien avec notre idée initiale du voyage. »

A la base, Loïc travaille dans l’urbanisme, c’est-à-dire la rénovation et la réhabilitation d’immeubles. En plus de l’expérience qu’il a acquise dans la conduite de projet, le travail documentaire effectué tout au long du voyage lui a fait découvrir l’aspect de communication : « Essayer de comprendre un projet et ensuite le décrire en quelques phrases, j’ai adoré. En plus, en écrivant des choses que l’on vit, on les digère au même temps. »

Loïc regarde le périple derrière lui avec une certaine fierté. « Il s’agit vraiment de créer des idées et monter son propre projet à partir d’une page blanche. » Le projet DynamoS’olidaire s’est construit pendant 3 ans. 3 ans où les trois amis ont aussi été collègues de travail. « Parfois il y a des tensions, bien sûr, quand on se voit tout le temps pendant 10 mois. Mais surtout c’est chouette parce qu’on se connaît si bien qu’on sait comment les autres pensent et on n’a pas toujours besoin de tout dire. D’ailleurs, à vélo c’est quand même individuel comment on gère, on ne peut pas pédaler pour les autres… »

La suite ? Ecrire un livre sur le voyage. « Ce sera une façon à la fois de prendre du recul et de parler du développement local et de l’environnement. » Et voyant s’approcher la fin du projet DynamoS’olidaire, Loïc conclut : « Je suis vraiment content de ce projet et j’ai envie de le partager ! »

Mise à jour: jeudi 11 mars 2010

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