Les paysans boliviens ne veulent pas qu’on leur impose les OGM

Quinoa, Trigo, Oca, Sorgo ou encore Olluco, la Bolivie est l’un des pays d’Amérique du Sud les plus riches en ressources agricoles. Alors que les OGM, intrants et autres pesticides étaient jusqu’alors interdits, une loi réglementant leur utilisation a été adoptée dimanche 26 juin. Le Comité d’intégration des organisations économiques paysannes (CIOEC), partenaire de Frères des Hommes, se mobilise contre l’arrivée de “paquets technologiques” dans l’agriculture bolivienne.

Pour CIOEC Cochabamba, cette loi pleine de contradictions ne changera pas directement le quotidien des paysans de la région de Cochabamba. Elle ne fera qu’enrichir les agro-industries et les exploitations paysannes les plus riches, notamment dans la région de Santa Cruz de la Sierra où la typologie du terrain permet plus facilement la culture intensive.

L’argument avancé par la CIOEC n’est donc ni économique, ni même sanitaire. “La plupart des gens ici ne savent pas vraiment ce que sont les OGM. En plus, leur atteinte à la santé des personnes n’a pas été clairement démontrée”, explique un membre de CIOEC Cochabamba. C’est donc plus pour le risque qu’elle pourrait entraîner sur le plan naturel et environnemental que la loi semble poser problème. Si la Bolivie est un pays riche d’une multitude de produits, sa souveraineté alimentaire n’en est pas moins fragile et dépend pour beaucoup de l’irrigation naturelle. Les pluies qui touchent les régions hautes irriguent les plaines et les vallées en alimentant les cours d’eau et pénétrant les sols. S’il ne pleut pas, c’est tout le pays qui en subit les conséquences. L’année dernière par exemple, une période de sécheresse a fait monter les prix des denrées alimentaires de façon significative. En bouleversant les modes de production, l’introduction de “paquets technologiques” pourrait fragiliser cet équilibre déjà instable et conduire, à terme, à la disparition de nombreuses productions d’origine bolivienne.

Afin de réfléchir à cette question et d’affiner sa position vis-à-vis du projet de loi, la CIOEC Bolivia et ses instances régionales se réuniront les 28 et 29 juin à Cochabamba pour 2 jours d’ateliers. Il sera entre autres abordé la question de l’information et de la communication. Un enjeu important compte tenu du flou qui entoure la loi, notamment dans la classe paysanne, moins éduquée et vivant hors des villes.

Sébastien Poix est stagiaire auprès de nos partenaires boliviens CIOEC et TUSOCO depuis mi-juin et pour une durée de 3 mois.
Visitez son blog : http://blog.fdh.org/sebastien


Cet article est paru à l’été 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 5 juillet 2011

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Le Témoignages et Dossiers de l’automne 2009, dont le dossier central est consacré à la Bolivie. Téléchargez le document PDF.

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