Rasés et propres, Thomas et Tanguy viennent me voir à Saint-Michel, cette fois à pied. « Je trouve quand même un peu nul de prendre le train pour me déplacer seulement de 100 km, dit Tanguy, mais si on me dit que j’ai fait 15 000 km, j’ai du mal à y croire… ! » Tous les deux sont plutôt contents de rentrer, et heureux de partager un peu de leur voyage. « Tout le monde nous a prévenus de la grande dépression de retour, mais pour l’instant ça va très bien ! »
Amis d’enfance, les DynamoS’ ont profité de cette expérience de manières variées. Thomas, professeur de mathématiques, s’est ouvert plus facilement : « J’avais du mal à aller vers des gens avant, mais ce voyage m’a rendu confiance en moi-même, il m’a donné de l’assurance. » Tanguy confirme : « Tu parlais beaucoup plus vers la fin qu’au début ! »
Thomas Heinry
Tanguy, lui, estime avoir renforcé ses compétences en gestion de projet : « J’ai appris beaucoup sur comment prendre les bonnes décisions pour suivre son chemin jusqu’au bout. Je ne me vois pas trop dans un travail routinier dans l’avenir… »
Tous les deux ont attrapé le virus du voyage : « Ca donne envie de voir d’autres choses encore ! » disent-ils en cœur. « Et de s’engager ici, rajoute Thomas. Après avoir visité les projets et vu tout ce qu’on a pu faire là, je me dis qu’il y a sûrement beaucoup de choses à faire ici aussi. C’est impressionnant de voir comment les gens arrivent à faire des choses avec presque rien. » Rentrés en France, ces impressions les font réfléchir : « Quand je vois des SDF dans le métro maintenant, je n’ai pas le même regard qu’avant », confie Thomas. Tanguy de son côté s’est rendu compte, en traversant tous ces pays, que « la région occidentale est tellement petite ! Ça m’a épaté… »
Tanguy de Belmont
Après une semaine en France, Tanguy porte toujours son sac-à-dos sur lui, qui contient toute sa vie. « On se construit une façon de vivre, quand même ! » explique-t-il. « Depuis que je suis revenu, je me force à changer de vêtements… », rajoute-t-il légèrement gêné. « Après 10 mois avec seulement deux caleçons, on n’y est plus habitué ! »
Face à ceux qui leur disent que leur périple est impressionnant, les DynamoS’ restent modestes. Tanguy explique : « Il y a des gens qui font tellement plus et c’est quand même eux qu’il faut regarder… »
Et maintenant ? Les DynamoS’olidaire continuent : du 20 avril au 1er mai une exposition aura lieu à Olivet (45), racontant leur aventure en images. Tous les trois ont aussi le projet d’écrire un livre ensemble, pour mettre en valeur les initiatives porteuses de solutions dans le développement durable et l’agriculture paysanne, qu’ils ont rencontrées sur leur trajet. « On va encore se prendre la tête tous les trois ! » sourit Thomas.
Maya Vedeld
| Cet article est paru en février 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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