Le volontariat, une expérience pour la vie

Acquérir de l’expérience tout en découvrant une nouvelle culture, se confronter aux injustices vécues par les plus démunis et prendre part à un projet de lutte contre la pauvreté : c’est ce que propose Frères des Hommes aux candidats au volontariat de solidarité internationale. Cette expérience est une étape marquante de leur vie, comme nous le racontent Ericka Zyla, volontaire en Inde auprès de Fedina pendant 1 an, et David Millet qui termine son volontariat en Haïti fin 2010, après avoir passé 3 années aux côtés du Mouvement paysan Papaye.

« Comment avez-vous, l’un et l’autre, vécu votre volontariat ? »

David  : « Ce volontariat a été pour moi comme un retour à l’école en quelque sorte : un apprentissage intensif à l’engagement comme citoyen du Monde. Je crois que Sartre disait que c’est en s’engageant que l’on devient homme. Dans ce sens, je pense avoir appris beaucoup sur moi-même, mes préoccupations profondes, tout en ayant eu la chance de baigner dans un environnement professionnel et intellectuel stimulant et enrichissant. »

Ericka : « Ce fut une excellente expérience. Dans le travail, j’ai pu acquérir des capacités supplémentaires, notamment l’adaptation à des méthodes de traval différentes de celles vues en France. Ici, l’écrit domine, alors qu’en Inde, beaucoup de choses passent par l’oral. »

« Et en terme de relations humaines ? »

Ericka  : « D’un point de vue humain, l’Inde m’a apporté énormément ! J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer beaucoup de personnes de tous les milieux. L’une d’elles, parmi des dizaines, m’a beaucoup marquée : une jeune femme de 35 ans qui travaillait dans une fabrique de pierres depuis l’âge de 5 ans, elle devait travailler pour rembourser les dettes que ses parents avaient contractées auprès de personnes aisées qui n’hésitent pas à exploiter la faiblesse des plus pauvres. Elle n’a jamais eu de repos et travaille tous les jours une dizaine d’heures. Et pourtant, cette femme m’a parlé de sa vie sans se plaindre ; elle était même prête à se battre pour faire respecter ses droits. Une grande leçon de courage. Et puis bien sûr, il y avait mes collègues de bureau avec qui j’ai développé de réels liens d’amitié et qui m’ont beaucoup appris sur les traditions qui peuvent mener à ces situations inacceptables. »

David : « Cette expérience humaine de presque 3 ans a été pour moi très intense, en terme d’émotion et d’action. La vie au sein d’une organisation paysanne est en effet une aventure de tous les jours où l’on apprend à s’engager, à s’opposer à l’injustice mais surtout à se rassembler autour d’une idée, d’un combat. Je pense que la dimension communautaire et fraternelle sous-jacente à tout le travail du MPP m’a profondément marqué. J’espère pouvoir continuer à la porter dans mes futurs “engagements” professionnels. »

« Après cette expérience loin de la France, pensez-vous que les solidarités locales et internationales soient si éloignées ? »

David  : « La solidarité internationale n’a de spécifique que le caractère délocalisé du sentiment de solidarité. Car c’est bien le même élan qui pousse les travailleurs sociaux auprès des SDF en France ou les animateurs syndicaux dans leur travail de sensibilisation des classes ouvrières (ou paysannes, pour rester dans le monde rural !) à l’injustice de leur situation. En ce sens, des compétences techniques et une bonne compréhension du contexte, doublées d’une certaine empathie, sont nécessaires si l’on veut tendre vers un travail efficace et utile. »

Ericka  : « La solidarité, qu’elle soit internationale ou locale, découle d’une envie de participer à la construction d’un monde plus juste et équitable. Elle relève d’une prise de conscience, d’un processus d’information et de compréhension du monde qui nous entoure. Cela vient nourrir la volonté personnelle de s’engager pour contribuer au changement. De plus en plus, elle s’immisce dans d’autres secteurs. J’ai notamment en tête l’émergence des entrepreneurs sociaux et le dynamisme du secteur de l’économie sociale. La solidarité se trouve partout ! »

Pour en savoir plus sur les activités mises en place par Frères des Hommes en Inde avec Fedina, et en Haïti avec le Mouvement Paysan Papaye

Cet article est paru en décembre 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Cet article est paru dans le journal trimestriel de Frères des Hommes « Témoignages et Dossiers » - Hiver 2010 - 2011 : Spécial Jeunesse solidaire
Mise à jour: mercredi 6 juillet 2011

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