Née d’une maman britannique, cette descendante de Jean sans Terre a grandi dans l’Allier, et plus précisément dans le bocage bourbonnais comme elle tient à le rappeler – le berceau des derniers rois de France. Et oui il n’y a pas que Paris ! Bénéficiant déjà d’une double culture, elle rentre à l’école Steiner où la pédagogie novatrice repose sur le développement personnel de l’enfant, mettant l’accent sur les pratiques artistiques. Là elle y apprend très tôt l’idée de solidarité, dans une classe où sont mélangés des enfants originaires de différents pays.
Bien plus tard, après avoir obtenu ses A’Levels au Pays de Galles, Joséphine décide d’aller « voir autre chose » et part six mois en Colombie où elle est accueillie dans une famille, dans un petit village plutôt riche à 50km de Cali. Jusqu’alors elle n’avait jamais été confrontée à une telle pauvreté... ni à une telle richesse ; ce séjour a réellement été une prise de conscience des inégalités existant dans le monde. Rosalia, sa « maman colombienne » travaillait dans une ONG locale œuvrant à reloger des paysans qui jusque là habitaient dans des vallées régulièrement dévastées par les inondations à la saison des pluies. C’est elle qui a donné à Joséphine l’envie d’agir dans la solidarité internationale.
Passionnée par les langues qui permettent de communiquer et d’aller vers les autres, elle décide de poursuivre ses études en LEA (Langues étrangères appliquées), la seule option pour continuer à apprendre plusieurs langues. Toujours avec l’envie de travailler à l’international, elle choisit une spécialité en droit international à Toulouse. Mais rapidement elle voit l’orientation de sa formation s’éloigner de ses valeurs ; c’est en fait un cursus commercial organisé en partenariat avec Airbus, pour la promotion du droit des logiciels libres, qui est enseigné. Qu’à cela ne tienne, Joséphine ne brade pas ses idéaux et quitte le Midi pour la Provence, pour finir ses études à Aix dans un Master de management de projets humanitaires et développement culturel.
Aujourd’hui, si elle réalise son stage de fin d’études à Frères des Hommes, c’est parce qu’elle a été séduite par l’approche du développement que soutient Frères des Hommes, mais peut-être aussi parce qu’elle a rencontré une autre passionnée en la personne d’Alexandra Polleau qui travaille sur Hemispheres, un projet original qui pour elle va plus loin que l’approche de la coopération Nord-Sud traditionnelle, puisqu’il valorise les savoirs de personnes engagées au Sud et favorise la rencontre avec les jeunes.
A Frères des Hommes elle a donc renoué en confiance avec la solidarité Nord-Sud, ce qui lui a permis de dissiper ses doutes sur les leçons de morales et le « colonialisme » qui est parfois reproché au milieu humanitaire. La solidarité internationale, c’est ce qu’elle veut faire dans la vie.
Portrait réalisé par Mattieu Piron










