Javier Huarachi, jeune aymara engagé

Javier Huarachi, 27 ans, Bolivien, plus précisément Aymara et amoureux de la nature. Actuellement, il travaille en tant que trésorier du réseau TUSOCO et prépare un diplôme en tourisme. Portrait de ce jeune homme plein d’ambitions…

Cet étudiant en tourisme – il en est à sa 3e année – peut déjà compter sur une expérience. Alors qu’il avait tout juste 21 ans, il devient le gérant du projet éco-touristique de Tomarapi, « sans avoir jamais étudié la chose mais avec quelques bases en informatique et en administration » acquises au lycée. Ce n’est donc pas dans la perspective d’en faire son métier que le jeune homme natif de Tomarapi s’est proposé, comme 3 autres candidats, à ce poste. « Ce qui me motivait, c’est que je voyais en ce projet la possibilité de partager et de valoriser notre culture, notre environnement et l’aymara, notre langue. J’ai toujours été très attaché à cela, c’est ce qui m’anime. Et alors que nous étions en train de perdre toutes ces richesses, ce projet nous a beaucoup aidés. »

Aujourd’hui, il se rappelle ces débuts difficiles et cette peur qu’il éprouvait à l’idée que les groupes de touristes puissent être critiques ou trop difficiles. Ou encore de ce groupe de jeunes Allemands arrivé début 2002 et dont aucun ne parlait l’espagnol. « Au début, c’était compliqué et puis avec des gestes ou des dessins, on arrive à se comprendre et même à échanger au-delà du simple rapport que l’on peut avoir avec le touriste. » Javier se nourrit justement de ces échanges car s’il aime partager sa culture, il est aussi très curieux d’en apprendre sur la vie « là-bas ». Avec le temps et les rencontres, il « comprend un peu le français et arrive à dire quelques mots ».

Cette attirance pour l’échange et le partage, il la cultive à travers une autre fonction, puisqu’en plus d’administrer le projet éco-touristique de Tomarapi, Javier y était guide. Une activité qu’il continue d’exercer pour le compte de TUSOCO et qu’il ne compte pas abandonner de sitôt. « Ce qui me plaît beaucoup, c’est parler de nos savoirs ancestraux, prévoir le temps qu’il fera ou encore tirer profit de la flore. » Et se promener dans cette nature qu’il affectionne, évidemment. Le volcan Samaja ? Il l’a déjà gravi 3 fois. « La première fois est difficile, à la deuxième on s’y habitue et la troisième fois, c’est normal. »

De ces 3 années comme gérant de Tomarapi, le jeune guide se rappelle par exemple du commentaire laissé par ce groupe de touristes brésiliens sur le livre d’or de l’auberge : « Il y était écrit qu’ils avaient adoré leur séjour et ils m’avaient même cité pour me remercier personnellement. » Ce mot l’a « beaucoup touché » mais constituait surtout d’après lui la preuve que ce projet devenait une réussite. En touchant plus de 1500 voyageurs en 2010, c’en est incontestablement une.

Aujourd’hui, Javier occupe son temps entre ses études de tourisme et ses fonctions au sein du réseau TUSOCO, dont il est le trésorier et le plus jeune membre du directoire. Plus tard, il souhaiterait retourner à Tomarapi « mais plus comme appui technique. Développer l’activité, trouver des financements, s’occuper de la promotion, il nous manque une personne qui s’occupe de ce travail. » L’occasion peut-être de retrouver ses parents, éleveurs de lamas et un de ses 4 frères en charge de l’auberge.

Cet article est paru en septembre 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: jeudi 1er septembre 2011

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