Indonésie - Conférence de Bali, l’environnement version populaire

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Cet article est paru en février 2008 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.

Proposer des politiques populaires environnementales en alternative aux politiques d’états, tel a été le leitmotiv de la contre-conférence de Bali qui s’est tenue en parallèle de la conférence des représentants des États sur le changement climatique, en décembre dernier. Cette rencontre, organisée par des militants indonésiens appuyés par des organisations internationales dont la Vía Campesina, s’est matérialisée sous la forme d’un village dit « de solidarité pour une terre fraîche ». 150 participants de la Vía Campesina, venus d’une vingtaine de pays, se sont joints aux participants indonésiens. La mobilisation de la population s’est concentrée lors d’une matinée d’actions, appelée « Mouvements des forums sociaux de Bali ». Hélas le village, très excentré et pas suffisamment médiatisé, a surtout été fréquenté par des militants.

La société civile exige d’être associée aux débats sur le réchauffement climatique !

Lors de cette treizième conférence officielle sur le changement climatique, comme précédemment, aucun représentant de la société civile n’a été invité à participer aux débats ou aux négociations. Les ONG et syndicats conviés n’ont pu y assister qu’en tant que simples observateurs, sans possibilité d’expression. Malgré une participation plus faible qu’espérée à cette contre-conférence, les représentants de la société civile veulent être intégrés aux débats qui les concernent en premier lieu car ils ont des propositions concrètes à faire, basées sur leur expérience.

Manifestation artistique et ludique sur l'état de la planète / © Isabelle Manifestation artistique et ludique sur l’état de la planète / © Isabelle Dos Reis

Cette contre-conférence est en elle-même une victoire dans la résistance à l’organisation d’une conférence internationale sur l’environnement réunissant les dirigeants, sans consultation de la société civile, pourtant première concernée par ces changements décidés en haut lieu. Par exemple, les aspirations et les besoins des producteurs agricoles doivent être au cœur des politiques environnementales plutôt que seule la parole soit donnée aux intérêts des entreprises et du marché. La Vía Campesina a organisé un échange d’expériences entre les paysans de tous les pays afin d’entamer des réflexions basées sur des considérations pratiques.

Des actions pour provoquer des réflexions

Des débats, des manifestations, une grande mistica (saynète culturelle), des visites de villages ou encore des ateliers, multiples ont été les formes de sensibilisation aux problèmes écologiques. Les débats se sont révélés productifs notamment concernant la question des agrocarburants. Solution proposée comme alternative aux carburants fossiles, elle soulève néanmoins de nombreuses questions, comme celle de savoir si les agrocarburants sont une solution énergétique ou un futur problème écologique et social. Ceux-ci provoquent une obligation d’orienter les cultures vers de la monoculture intensive entraînant des déforestations massives et une accélération du réchauffement planétaire. Les participants ont exigé l’arrêt des campagnes de soutien aux agrocarburants, ainsi que la mise en place d’une politique mondiale sur le commerce et l’agriculture. L’occasion d’organiser un « tribunal » pour juger des multinationales, responsables d’actions néfastes pour l’environnement et coupables de violations de droits de l’homme allant parfois jusqu’au meurtre. En plus de ces dénonciations et débats, des actions symboliques ont été menées.

Par exemple ce groupe d’hommes indonésiens, qui se sont fait peindre sur le dos une lettre formant côte à côte la revendication : « Climate justice ». Les manifestants, en voulant rejoindre le lieu de la conférence, se sont heurtés à un service d’ordre important qui leur ont barré le passage. S’en est suivi un long moment d’affrontement immobile silencieux qui s’est nourri de colère et de stupéfaction. Malgré cet encadrement omniprésent et pesant des forces de l’ordre, ce contre-sommet ambitieux pour une planète plus verte a été en soi une victoire pour les militants.

A lire également :
Résonances Asiatiques N° 21 - Février 2008

Mise à jour: mardi 19 février 2008

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