N. Arulselvan : "Face à l’humiliation, être dalit est devenue ma fierté."

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N. Arulselvan, 24 ans se bat au quotidien pour défendre les droits des dalits.

Il nous raconte son enfance, son père charpentier, ses études de psychologie, les humiliations subies, puis ses premiers pas dans la lutte pour les droits des dalits, et ses rêves pour son pays.

Peux-tu nous dire quelles sont tes origines et ton parcours ?
Je suis né en 1984 à Karaikal dans le district de Pondichéry mais j’ai vécu dans le petit village de Kameswaram dans le Tamil Nadu (Inde du Sud). Mon père a d’abord été un ouvrier agricole, maintenant il est charpentier. Ma mère, elle, a travaillé dans les champs jusqu’à son mariage. Je suis allé dans une école publique puis j’ai passé un diplôme d’informatique à l’Industrial Training Institute, où j’étais président de l’association des étudiants. J’ai ensuite suivi une formation en psychologie à Bangalore et je suis actuellement des cours de sociologie à distance en parallèle avec mon travail à Ekta Parishad.

Comment es-tu devenu le militant que tu es aujourd’hui ?
Je suis issu de la communauté dalit qui est considérée comme hors castes, j’ai donc vécu au quotidien l’attitude hautaine que l’on réserve aux dalits. Un jour, quand j’avais 13 ans, un enfant s’est permis de m’appeler par mon prénom car je suis dalit. J’ai alors ressenti beaucoup d’humiliation et de colère. Un autre événement important : je suis allé à une réunion communiste commémorant la triste nuit du 25 décembre 1968 où 40 dalits ont été brûlés vifs par des personnes de hautes castes. Face à toutes ces humiliations subies depuis des années par ma communauté j’ai décidé d’agir pour la société et de tout faire contre ces injustices. La première étape a alors été de rejoindre le parti communiste qui fait beaucoup pour la défense des dalits.

"Face à l’humiliation, être dalit est devenue ma fierté et mon combat."

Comment as-tu rencontré Ekta Parishad ?
Je travaille depuis mes 14 ans à chaque vacances scolaires. Mon premier véritable emploi a été, pendant un an, de faire du soutien psychologique avec Médecins sans frontières auprès des enfants suite au tsunami. J’avais 21 ans. L’année suivante, j’ai rejoint Ekta Parishad pour travailler sur un projet d’accompagnement de groupes de jeunes du district de Nagapattinam. Aujourd’hui même si l’on me proposait un autre travail ailleurs je n’irais pas, car j’adhère complètement aux idéaux portés par le mouvement d’Ekta Parishad. J’ai participé à la marche Janadesh et j’en suis très fier. Pour moi Janadesh c’est l’illustration de « si tu veux faire quelque chose pour la société, soit fier d’être dalit et d’être dans cette bataille. »

Comment envisages-tu ton avenir et celui de ton pays ?
J’aimerais concentrer mon combat sur la défense de la cause dalit avec l’idée d’aider à la transformation de la société toute entière. A mon pays, je lui souhaite de voir la fin de la corruption et de voir des lois posées sur le papier depuis longtemps enfin appliquées, comme le droit à la terre ou des dalits.

Un message pour les lecteurs de Résonances ?
Nous ne devrions pas établir de discrimination entre nos pays. Nous sommes tous des êtres humains et chacun devrait penser à aider l’autre au-delà des frontières…

Cet article est paru en mars 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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Mise à jour: mercredi 25 mars 2009

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