Inde - La CFDT et Fedina ensemble aux côtés des travailleurs domestiques

« L’organisation indienne Fedina vise l’émancipation des gens. C’est important, car c’est vraiment ce que l’on recherche aussi à la CFDT. »

Motivées par ce même objectif, les deux structures travaillent ensemble depuis un an. En février dernier, une délégation de l’Institut Belleville, l’institut de coopération syndicale internationale de la CFDT, s’est rendue à Bangalore, en Inde. 200 femmes s’étaient réunies dans le cadre d’un séminaire sur la syndicalisation des ouvriers du secteur informel et des travailleuses à domicile. Composé de femmes engagées dans des syndicats en France, en Chine et au Sénégal, la délégation a travaillé pendant une semaine aux côtés de Fedina, partenaire indien de Frères des Hommes.

Les cinq membres de la délégation sont intervenus au cours du séminaire. Zita Cabais Obra, secrétaire générale de la section de la CFDT pour les salariés du particulier employeur, a ému par son témoignage. Ancienne victime de servitude domestique, cette Philippine domiciliée en France a transmis à l’assemblée le courage de résister et de se battre. Lisa Pecherot, du service international de la CFDT, était du voyage. Elle raconte : « Notre objectif, c’était de mettre en relation les femmes indiennes avec celles d’autres pays dont la situation est similaire, et qui ont trouvé des solutions pour s’en sortir. » Dans cette optique, « l’intervention de Zita leur a apporté beaucoup d’espoir ». Elle ajoute : « C’était un symbole très fort, car beaucoup de femmes en face d’elle avaient vécu des choses semblables. Elle était légitime pour les interpeller. »

L’objectif du séminaire était de proposer des solutions pour encadrer le travail informel, qui représente 90% de la main-d’œuvre en Inde. En ce qui concerne les travailleuses domestiques, l’état des lieux est alarmant : « Les situations d’exploitation sont très répandues. Les employeurs n’ont même pas conscience de ce qu’ils font. » Privées le plus souvent de repas, ou de l’accès aux toilettes, très peu rémunérées, ces femmes travaillent dans des conditions déplorables. Elles souffrent de plus d’un profond manque de reconnaissance. « C’est un métier déconsidéré. En Inde, beaucoup trouvent normal que les femmes exécutent ces tâches, chez elles ou chez les autres. C’est le rôle social qu’on leur attribue. » La solution ? Les travailleuses doivent porter elles-mêmes leurs revendications : « Avant, les ouvrières du textile cachaient leur appartenance à un syndicat. C’est mieux aujourd’hui, mais il faut continuer. » La syndicalisation est une étape, qui permettra aux femmes de faire entendre leur voix face aux employeurs et aux pouvoirs publics.

Lisa reste optimiste : «  La structuration de l’informel se fera, même si ça risque de prendre du temps ». Pour elle, Fedina est un partenaire efficace et innovant : « Ils font ce que les syndicats refusent de faire. Ils sensibilisent à la syndicalisation et ensuite, libre aux groupes constitués de poursuivre. » Chacune des deux structures y a trouvé son compte : « On gagne en effet chacun de l’expertise sur un sujet fondamental », déclare Lisa. A l’issue de cette première rencontre, le partenariat se poursuit ; la CFDT et Fedina souhaitent étendre leur action au domaine agricole et à l’industrie du textile. Selon Lisa, « ce projet démontre que le travail des ONG et des organisations syndicales peut être complémentaire » ; la réussite de ce séminaire le confirme.

Les participantes au séminaire, à Bangalore. Les participantes au séminaire, à Bangalore.

La CFDT participe également au programme de promotion des droits fondamentaux mis en place par Fedina avec le soutien de Frères des Hommes. Pour en savoir plus : Inde - Droits des populations marginalisées

Mise à jour: vendredi 11 juin 2010

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