La loi indienne prévoit que les nouvelles maisons soient construites à l’emplacement des maisons détruites, afin de reloger les habitants. Pourtant, en réalité, ces mesures sont accordées au compte-gouttes et la majorité des familles se voient offrir pour seule compensation un sac de ciment pour construire un nouveau logement. Fedina accompagne les habitants des bidonvilles menacés de démolition, comme l’explique Duarte Barreto, son directeur : « Il est essentiel de résister face aux décisions du gouvernement indien. C’est notre seule solution. »
Ainsi, à Bangalore, lorsque les autorités prévoient de démolir le bidonville de Ragiguda qui compte à peu près 10000 personnes et 3000 maisons, les habitants et les membres de Fedina ont manifesté et ont déposé une plainte devant la Cour de justice, qui leur a donné raison en ordonnant l’arrêt des expulsions. A Bijapur, où 250 maisons ont été détruites, ce sont plus de 25000 personnes qui ont défilé devant la maison du député en signe de protestation. D’abord interdite, la manifestation a finalement été autorisée par la police, grâce à la pression populaire.
Mais les démolitions continuent. Nicolaus, militant de Fedina et originaire du Tamil Nadu, résume la situation actuelle en Inde : « L’immobilier est un nouveau business et la Banque mondiale prête de l’argent au gouvernement pour développer ce business. » Ces nouveaux enjeux poussent les associations et leurs partenaires à envisager le droit à la propriété sous un angle nouveau, comme l’explique Duarte : « Avant, à Fedina nous étions impliqués dans les luttes pour l’accès à la terre dans les campagnes. A partir de 2010 nous devons aussi nous engager dans les luttes pour l’accès à la terre en milieu urbain. Et l’accès à la terre en milieu urbain, c’est l’accès au foncier, pour que les populations puissent vivre sur les terres qu’elles habitent sans être expulsables du jour au lendemain. »
Le bidonville de Koramangala, à Bangalore.
| Cet article est paru en mars 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |
Pour ce projet de renforcement des droits des populations marginalisées mené avec Fedina, Frères des Hommes a obtenu le soutien financier de l’Agence française de développement













