Azalée Rombault - En Haïti, y retourner, mais pas tout de suite…

Depuis l’avion qui la conduit à Port-au-Prince, le 1er septembre 2009, Azalée découvre Haïti à travers le grand bidonville de Cité soleil. L’agitation, la foule, les étals en pleine rue, ces deux jours passés dans la ville résonnent encore comme un choc : « Je n’ai pas compris où j’étais ! » A Port-au-Prince et Hinche, la deuxième ville du pays, il y a « les odeurs de décharge, la saleté qui s’accumule quand aucun service de propreté n’existe et une trop grosse différence entre riches et pauvres. »

Azalée avait hâte de découvrir la vie à la campagne. Après quelques jours en ville, elle arrive à Papaye, dans le centre du pays : « Papaye est la localité où est implanté le Mouvement Paysan Papaye (MPP), les Haïtiens qui y viennent ne veulent plus repartir. C’est boisé et vert ! » Pendant les trois premières semaines, Azalée vit chez David Millet, agronome français volontaire de Frères des Hommes. Elle découvre Haïti à travers les yeux de David : elle lui pose un nombre incalculable de questions, l’accompagne lors de ses journées de travail sur le terrain, s’habitue à la vie haïtienne.

Les Haïtiens parlent créole, mélange de français et de différentes langues africaines : pour s’intégrer, Azalée apprend la langue dès son arrivée et un mois plus tard, elle le maîtrise suffisamment pouvoir échanger au quotidien avec tout le monde à Papaye. Elle s’installe au même moment chez la famille Monerot. Jean-Claude, le père de famille, est agronome au MPP, et Magalie, la mère, est femme au foyer. Quand Azalée arrive dans la famille, tout le monde a de l’appréhension, mêlée de hâte et de curiosité. Mais très vite « j’étais chez moi, les gens savaient que j’habitais chez les Monerot et les dernières semaines j’étais vraiment intégrée », confie-t-elle.

Elle raconte son quotidien haïtien : « Le matin je me lève à 6h00. Je prends un copieux petit-déjeuner, fait principalement de spaghetti aux piments que Magalie Monerot a préparé : elle est levée depuis 5h du matin ! Je le mange avec les enfants. Puis je vais au centre de formation du MPP pour travailler : j’assiste à une formation, j’interviewe quelqu’un qui participe aux activités du projet, je rédige des articles pour mon blog. A 15h, je rentre manger. Après une sieste je retourne travailler au centre de formation entre 17h et 19h. Je rentre, je joue avec les enfants, je dessine avec eux, on danse. »

Une panne internet, aléa ordinaire de la vie haïtienne, freine son travail les derniers jours de son stage. Elle partage alors encore plus de temps avec sa famille d’accueil : « J’ai accompagné Magalie dans ses activités quotidiennes : le marché, le nettoyage, les visites chez les voisins…Les femmes travaillent beaucoup. » Le lavage à la main, par exemple, prend beaucoup de temps et Azalée était consternée de voir tout le travail accompli par les femmes haïtiennes.

« Mon regard a changé, le voyage est indispensable, la vision des choses en est modifiée, on vit au-delà de toutes les images que l’on peut avoir eu. Je n’ai pas encore analysé ce que j’ai vécu et je ne l’ai pas encore digéré. Avant de partir à Haïti, je voulais partir à Madagascar en janvier 2010 pour trois mois. Maintenant je veux attendre, je partirais plus tard, peut-être dans un an. » Azalée souhaite maintenant travailler dans une association de développement plus particulièrement sur l’éducation, la formation, l’environnement ou le droit des femmes.

Pour en savoir plus sur les activités mises en place par Frères des Hommes et le Mouvement paysan Papaye :
Haïti - Agriculture vivrière et familiale

Mise à jour: mardi 5 janvier 2010

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