Formation "Hemispheres" - Au Sénégal et en Indonésie, on se bat (différemment) pour la souveraineté alimentaire

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Dianto Bachriadi, de l’association indonésienne Pergerakan et Ndiakhate Fall, de l’association sénégalaise UGPM, ont apporté aux jeunes participants leur vision de la souveraineté alimentaire et ont partagé avec eux les méthodes que les populations mettent en place pour défendre leur droit à l’alimentation.

La souveraineté alimentaire, pour Ndiakhate, c’est « permettre à un individu ou à une communauté d’accéder à la nourriture, d’avoir la capacité de choisir ce qui est produit et de participer activement à la vie de la communauté ». Dianto insiste lui sur le fait que la nourriture produite doit pouvoir l’être de manière saine, et « en accord avec les connaissances et la culture locale. La souveraineté alimentaire, c’est quelque chose qui est basé sur le local. »

Tous deux ont fait découvrir en profondeur aux jeunes participants deux modes de mobilisation et moyens d’actions différents mis en place dans leurs pays respectifs pour conquérir la souveraineté alimentaire. En effet, en Indonésie, les mouvements de base répondent à l’expulsion des paysans par l’occupation des terres, bien que cette méthode – pourtant légitime – reste illégale et dangereuse : les délogements violents des forces de sécurité provoquent parfois des morts. Au Sénégal par contre, les conflits pour l’accès à la terre ne donnent pas lieu à des confrontations brutales entre les agents de l’Etat et les mouvements paysans. Ceux-ci se sont regroupés au sein de la Fédération des ONG du Sénégal qui réalise un important travail de négociation entre les différentes organisations, afin d’établir un large consensus pour pousser le gouvernement à investir dans l’agriculture et à diversifier les productions.

Pour les participants, il était également important de savoir qu’eux aussi, dans leur pays, peuvent agir pour favoriser la souveraineté alimentaire partout dans le monde. Dianto a été dans ce sens : pour lui, « ici [au Nord] les gens peuvent se battre, comme nous nous battons contre ces gigantesques activités industrielles. » N’ Diakahte ne l’a pas contredit : « la première action que l’on peut mener au Nord, c’est d’abord de sensibiliser les décideurs aux systèmes de production existant et aux manières de les changer en respectant l’environnement. Il est aussi nécessaire de changer les comportements, les habitudes alimentaires au lieu de manger des produits importés ou cultivés avec des agrochimiques. » Les jeunes ont ensuite travaillé sur des projets locaux qui visent à sensibiliser leurs publics à nos modes de consommation ou encore aux enjeux du débat sur la politique agricole commune de l’Union européenne.

Dianto Bachriadi (ci dessus) et Ndiakhate Fall (en haut à dr), formateurs. Dianto Bachriadi (ci dessus) et Ndiakhate Fall (en haut à dr), formateurs.

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Cet article est paru en juin 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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Pour la mise en place du projet "Hemispheres", Frères des Hommes a reçu le soutien financier de l’Union européenne.

Mise à jour: mardi 2 juin 2009

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