Haïti - Une transmission adaptée des savoir-faire

La géographie vallonnée et le réseau routier très limité de l’arrondissement de Hinche rendent parfois difficile l’accès aux villages. Les distances entre communes sont importantes et les chemins souvent impraticables, notamment pendant la saison des pluies. Pour renforcer la sécurité alimentaire des 2750 familles paysannes identifiées, Frères des Hommes et le MPP ont mis en place un système de démultiplication. Une méthode qui permet de toucher l’ensemble des familles, même les plus isolées.

Sur chaque activité du projet, un petit nombre de paysans est sélectionné pour participer à la formation au centre « Lakay » du MPP. Ils se rendent alors à Papaye où ils reçoivent des enseignements théoriques et pratiques et gagnent leur titre de « boss » qui correspond au premier niveau de formation. Forts de ces nouvelles connaissances et compétences, ils deviennent acteurs de changement. Dès leur retour au village et pendant 3 ans, ils forment un certain nombre de familles, les « petits boss », à qui ils transmettent les techniques acquises. Encadrés par un technicien agronome du MPP, ils accompagnent ces personnes pour s’assurer que le matériel est correctement installé et que les techniques ont été bien assimilées.

A travers cette méthode de formation, ce sont les paysans eux-mêmes qui deviennent responsables du développement rural de leur région. La transmission des connaissances est parfois difficile, comme le raconte le « boss pépiniériste » Jasma Joachim qui, avec un peu de temps et de patience, a malgré tout réussi à former tout le monde. Quand Jasma arrive sur une zone où il a fait la formation et qu’il voit le fruit de son travail, il se sent très fier ! L’intérêt d’une telle approche, c’est qu’elle développe des habitudes collectives de travail et qu’elle renforce les liens de solidarité entre les paysans, notamment au sein des coopératives. Un élément fondamental pour surmonter les difficultés.

Témoignages

Ediana Petitfrère - membre de la coopérative de Diane, commune de Maïssade
(photo en haut avec son grand-père)

Il y a des vieux pieds de mangues dans la parcelle de mon grand-père et avant, personne ne voulait manger les fruits. Avec la formation de « boss greffeur » que j’ai reçue, je les ai greffés pour qu’ils produisent une autre variété de mangues. A mon retour de Papaye, des voisins et des voisines sont venus me voir et m’ont demandé de les aider dans la transformation de leurs arbres fruitiers en d’autres variétés. Parmi les « petits boss greffeurs » que j’ai formés, il y a mon grand-père. Il est très fier d’avoir été formé par sa petite-fille ! La formation de ces personnes, c’était pour moi un moyen d’assurer la continuité de mon avenir.



Elias Louicius - membre de la coopérative de Colladère, commune de Hinche

Pourquoi ça m’intéresse de participer à cette coopérative ? C’est pour la solidarité qui existe entre les membres. Le problème d’un, c’est le problème de tous. Par exemple, nous avons un frère qui est malade actuellement, un cas suspect de choléra. Il n’a pas encore fait sa récolte de millet, alors au nom de la solidarité, le groupe va faire ce travail.


Cet article est paru au Printemps 2011 dans Témoignages et Dossiers, mensuel d’informations citoyennes réalisé par l’équipe de Frères des Hommes. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 5 avril 2011

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Les actus du programme d’agriculture vivrière et familiale sur le Haut Plateau Central, ici

L’expérience de David Millet, volontaire en Haïti avec le Mouvement paysan Papaye.

Pour ce projet, Frères des Hommes a également obtenu le soutien financier de l’Union européenne.

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