Haïti - Savoir greffer, c’est se donner les moyens de produire plus et mieux

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Dans le cadre du projet de promotion de la production fruitière et maraîchère en Haïti, le Mouvement paysan Papaye (MPP) met en place des formations de greffage.
Les techniques de greffage d’arbres fruitiers permettent d’améliorer les variétés dites « locales », souvent résistantes à la sécheresse et aux maladies, mais présentant de faibles qualités nutritionnelles et gustatives.

L’opération de greffage consiste à implanter une branche (le greffon) d’une bonne variété de fruit sur un tronc résistant mais qui a de mauvaises caractéristiques (production faible, fruits petits ou de mauvaise qualité). L’arbre ainsi amélioré produit des fruits résistants en plus grande quantité et de qualité supérieure. Cette production nouvelle revêt alors un fort potentiel, tant à l’échelle locale qu’à l’export : c’est le cas de la mangue « francisque », une de ces variétés que l’on trouve en Haïti qui est très appréciée aux Etats-Unis.

Le greffage permet donc aux paysans d’assurer à leur famille une alimentation de bonne qualité et des revenus plus importants, améliorant ainsi significativement leurs conditions de vie. A l’heure actuelle, les agronomes du MPP ont déjà formé 83 membres aux techniques de greffage. Les personnes formées ont reçu un kit d’outils spécialisés pour le greffage des arbres fruitiers (sécateur, couteau « greffoir » et ruban à ligaturer). D’ici à la fin du mois de février 2009, chaque personne formée s’est engagée à transmettre son savoir à 4 nouvelles personnes. Dès cette année, 328 familles auront les moyens d’augmenter leurs revenus et elles seront près de mille à l’issue des trois années du projet.


Madame Estansil Joseph, qui a participé à ces formations, en témoigne : « Je suis âgée maintenant et j’ai 10 enfants, mais si j’avais eu la chance d’apprendre les techniques de greffage avant, je n’aurais pas coupé tous mes orangers pour faire du charbon afin de payer l’école de mes enfants [1]. J’aurais pu les greffer et gagner plus d’argent qu’avec le charbon. Depuis la fin de la formation, j’ai déjà préparé 20 greffes sur les quelques orangers qu’il me reste autour de la maison. Dès l’année prochaine j’aurai de belles oranges douces qui se vendent bien sur le marché de Hinche. »

Cet article est paru en janvier 2009 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants.
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Pour la mise en place de ce projet de soutien à l’agriculture familiale mené avec le MPP, Frères des Hommes a obtenu le soutien financier de l’Union européenne.

[1] En Haïti, la pauvreté est telle que pour leur survie, les populations rurales coupent des arbres pour préparer du charbon de bois, seule énergie disponible et bien souvent seul moyen de gagner quelques gourdes (monnaie locale)

Mise à jour: jeudi 15 janvier 2009

A voir aussi

Témoignages et dossiers - Mars 2011 Haïti, l’espoir vient des campagnes

Présentation des actions mise en place en Haïti, document PDF à télécharger.

Les actus du programme d’agriculture vivrière et familiale sur le Haut Plateau Central, ici

L’expérience de David Millet, volontaire en Haïti avec le Mouvement paysan Papaye.

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