Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’une première formation organisée en septembre 2009, qui avait permis à 30 d’entre eux de se former aux techniques de production de légumes : fabrication de compost, d’engrais vert, de lombriculture, de pesticides naturels et mise en place de système d’irrigation goutte-à-goutte. Les 30 techniciens agronomes en herbe (« bòs legim » en créole) sont venus cette fois-ci accompagnés des paysans qu’ils avaient formés, au retour de la première formation.
Au milieu de la saison de production de légumes, cette formation permet de faire le point sur le nombre de bénéficiaires formés par chacun, de parler des problèmes rencontrés et de faire quelques rappels sur les techniques agricoles. Elle répond également au besoin de montrer concrètement au paysan le potentiel de production des petites surfaces agricoles. David Millet, volontaire de Frères des Hommes au sein du MPP, explique : « L’un des grands défis du MPP est de prouver aux paysans que la production de légumes peut donner de très bons rendements si l’on s’y consacre avec persévérance. La région du Plateau central est une zone non irriguée où la saison sèche dure 5 mois. Il est donc très peu courant de voir des familles paysannes produire des légumes dans cette zone. Ces familles sont davantage habituées à voir cultivées des grandes parcelles de maïs ou sorgho, les céréales les plus courantes dans le Plateau. Les petites surfaces de culture près des maisons leur paraissent des espaces inutiles pour cultiver. Pourtant, une petite surface de terre (14 m² pour les systèmes de goutte-à-goutte que nous avons distribués) peut produire de la nourriture ou fournir un revenu. »
Pour David, la formation a « porté ses fruits » : « Tous commentaient la visite avec entrain. Beaucoup n’avaient jamais vu de parcelles de maraîchage si productives. » Parmi les participants, il y avait beaucoup de femmes : « Il faut savoir que ce sont souvent les femmes qui s’occupent de la production des légumes. D’une part, car cela se fait tout près de la maison et qu’un jardin potager doit être visité chaque jour. D’autre part, parce que la production de légumes demande moins d’efforts physiques (à part le transport de l’eau qui peut être contraignant si le point d’eau est éloigné) mais aussi un travail patient et méticuleux. » Mieux informés, ces 90 paysans haïtiens ont maintenant de nouveaux atouts pour que leurs productions de légumes portent leurs fruits !
Les paysans dans la parcelle de démonstration, à Colladère.
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| Cet article est paru en avril 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici. |
Pour la mise en place de ce projet de soutien à l’agriculture familiale mené avec le MPP, Frères des Hommes a obtenu le soutien financier de l’Union européenne.














