Haïti : La tentation du charbon de bois

Confrontés à une absence totale de revenus, de nombreux paysans sont contraints de couper leurs arbres pour le commerce du charbon de bois. Pour eux, c’est une source de revenus sûre. Mais aujourd’hui, alors qu’Haïti est située dans une zone tropicale, elle ne ressemble en rien à la République dominicaine, pourtant sur la même île.

En 1923, le couvert végétal était de 60 %. Aujourd’hui, il n’atteint pas 2 % et c’est devenu un vrai problème. Le déboisement est en effet l’une des principales menaces pour les populations. Il entraîne l’érosion, la baisse de la fertilité des sols et des rendements agricoles, et par conséquence l’exode rural des populations appauvries.

Face à l’ampleur du problème, Frères des Hommes et le MPP ont formé les paysans à la production et à la plantation d’arbres fruitiers. 1100 familles ont reçu chacune 10 plantules de citrus et 10 plantules de manguiers qu’elles ont plantées dans leur jardin. Un bon moyen d’augmenter la production fruitière mais aussi la couverture végétale.

En parallèle, un important travail de sensibilisation des populations a été mis en place. Pendant les 3 années du projet, les familles ont entendu des émissions radio et ont participé à des projections-débats aux sujets communs : la sécurité alimentaire et la préservation de l’environnement.

Aujourd’hui, si ce travail de sensibilisation commence à avoir un impact, c’est aussi parce que ces agriculteurs se sont vus proposer des alternatives concrètes pour produire leurs aliments et gagner de l’argent. Comme l’explique Fritzner Demary :

« les Haïtiens coupent du bois pour faire du charbon et le vendre, mais s’ils avaient d’autres façons de gagner de l’argent, ils ne le feraient pas ».

Témoignages

Fritzner Demary – Losapat, commune de Thomonde

Je suis devenu pépiniériste grâce à Frères des Hommes et au MPP. Pour moi, ça a été un vrai changement. Avant, le jardin à côté de ma maison, c’était un désert. Mais grâce à la formation que j’ai reçue, j’ai produit mes propres plantules et j’ai planté beaucoup d’arbres forestiers (cassia, cèdre) et fruitiers (mangue, orange, chadèque). Maintenant, c’est un petit paradis terrestre.

Cet article est paru au Printemps 2011 dans Témoignages et Dossiers, mensuel d’informations citoyennes réalisé par l’équipe de Frères des Hommes. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 5 avril 2011

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Les actus du programme d’agriculture vivrière et familiale sur le Haut Plateau Central, ici

L’expérience de David Millet, volontaire en Haïti avec le Mouvement paysan Papaye.

Pour ce projet, Frères des Hommes a également obtenu le soutien financier de l’Union européenne.

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