Haïti - Ici on dit « dlo se lavi »

Mardi dernier, je suis allée rencontrer Décil et Etienne, 2 jeunes paysans. Après la visite de leur ferme, je leur ai demandé quel était à leurs yeux le principal problème des paysans haïtiens. Sans une seconde d’hésitation, ils ont tous les deux répondus l’EAU. L’accès à l’eau est non seulement un problème de santé public pour le pays, mais c’est aussi l’un des freins majeurs au développement de l’agriculture paysanne.

Haïti a 2 saisons : l’une sèche et l’autre pluvieuse. Même si des trombes d’eau tombent sur le pays d’avril à octobre, il ne pleut pas une goutte le reste de l’année. Et les effets de cette sécheresse chronique sont d’autant plus violents que l’Etat ne fait pas grand chose pour les contrecarrer. Pourtant des solutions existent pour améliorer la situation des populations paysannes ici à Papaye, dans le Plateau Central et en Haïti. Sans avoir une expérience très longue dans le pays, grâce aux conversations au sein du Mouvement paysan Papaye (MPP) et avec les paysans, j’ai pu glaner quelques éléments de réponse.

Première chose : capter l’eau de pluie dans des lacs artificiels (les lacs collinaires) ou encore dans des citernes depuis le toit des maisons. L’eau stockée peut ainsi être utilisée en période sèche pour les cultures et les besoins des familles, et l’eau captée permet de limiter le lessivage des sols et l’érosion. Contribuer au reboisement du pays est également indispensable pour protéger cette ressource. Haïti ne bénéfice plus aujourd’hui que de 2% de couverture végétale, or les arbres permettent l’infiltration de l’eau dans le sol et leurs racines retiennent la terre lors des pluies intenses. Enfin, une rationalisation des réseaux d’eau pour garantir sa qualité, des investissements pour capter les sources par forage de puits : toutes ces actions passent sans aucun doute par une implication forte de l’Etat. Etant donné les enjeux considérables pour la population, les attentes envers le nouveau président sont fortes comme sur bien d’autres sujets trop longtemps délaissés par le pouvoir.

Faute de solutions « d’en-haut », on s’organise à la base pour améliorer le quotidien. Les équipes du MPP construisent des citernes familiales et initient les familles paysannes à l’irrigation au goutte-à-goutte qui permet de produire des légumes en saison sèche et d’améliorer leur revenu et leur alimentation. Elles entretiennent des lacs collinaires et le réseau d’eau de tout un village. La foreuse du MPP creuse des puits, on capte l’eau des sources. Et enfin, le MPP travaille d’arrache pied sur le reboisement du pays et la protection des sols. Les solutions sont là, il s’agit aujourd’hui de les mettre en œuvre à l’échelle du pays !

Nathalie Jarno est volontaire auprès du Mouvement paysan Papaye en Haïti depuis avril 2011 et pour une période de 2 ans.
Visitez son blog : http://blog.fdh.org/nathalie


Cet article est paru à l’été 2011 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: mardi 5 juillet 2011

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Témoignages et dossiers - Mars 2011 Haïti, l’espoir vient des campagnes et le supplément Ayiti, 12 janvye 2011 - Jounen memwa

Présentation des actions mise en place en Haïti, document PDF à télécharger.

Les actus du programme d’agriculture vivrière et familiale sur le Haut Plateau Central, ici

Pour ce projet, Frères des Hommes a également obtenu le soutien financier de la Fondation de France.

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