Favela quand tu nous tiens
Qu’est-ce qui t’a amenée à Frères des hommes et à ces questions de coopération internationale ?
C’est dans le cadre de mon master 1 que j’ai fait un premier stage de trois mois à Frères des Hommes en 2006. J’ai travaillé pour Résonances en contactant les partenaires par mail, par téléphone sur des idées d’articles. C’est au cours de ce stage que s’est précisé mon désir de partir pour des missions de terrain à l’étranger et notamment au Brésil qui m’attirait beaucoup. A la fin de ma deuxième année de master il me fallait également faire un stage de fin d’études. C’est comme cela que je me suis retrouvée à Salvador dans une association locale d’aide à l’enfance et à la famille : « Criança e familia » (Enfant et famille) dans un quartier pauvre de la périphérie où je suis restée quatre mois. Dans le même temps s’est précisée avec Frères des Hommes l’idée que je pouvais prendre contact avec le MST en étant sur place.
Que retiens-tu de ton passage chez notre partenaire MST ?
J’ai pu rencontrer des agriculteurs dans leurs campements, participer à des conférences, des manifestations comme en octobre dernier où des militants d’acampamentos (1) et d’assentamentos (2) se sont rassemblés pour faire pression sur les représentants de l’Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA) et le secrétariat de l’Etat de Bahia pour l’agriculture ; ce qui m’a permis de voir d’autres aspects du mouvement autour du thème de la solidarité.
Au-delà de l’accès à la terre, axe principal de la mobilisation du MST, se pose aussi la question de l’accès à l’éducation, à l’alphabétisation car beaucoup d’adultes au Brésil n’ont pas eu la possibilité d’aller à l’école, de se former.
Ce qui m’a également passionné c’est l’engagement alter mondialiste très présent dans le quotidien du mouvement, la contestation de la mondialisation, de l’impérialisme des Etats-Unis et de l’Europe. Outre la recherche d’informations pour des articles de Résonances, j’ai pu travailler dans le cadre de la Campagne sur les semences en lien avec les activités de Frères des Hommes.
En quoi cette expérience t’a-t-elle enrichie ?
Elle m’a enrichie sur tous les plans et notamment sur un plan culturel. Partager la culture d’un autre pays, découvrir la musique, les traditions ouvrent de nouveaux horizons.
Enrichie aussi sur un plan linguistique car j’ai pu parler le portugais du Portugal qui est ma langue maternelle, même si le brésilien est un peu différent. Enrichie humainement surtout car j’ai passé près de cinq mois dans une favela, hébergée dans une famille. On voit des choses pas toujours faciles à encaisser comme la pauvreté, l’insécurité. Et là on relativise.
Pour en revenir au MST j’ai un peu fait ce que j’avais fait en France au siège de Frères des Hommes : contacter des gens pour voir quels types d’activités ils développent, et comment ils fonctionnent. J’aimerai beaucoup y retourner, je me suis attachée aux gens que j’ai rencontrés, j’y ai même lié des liens assez forts.
Propos recueillis par Frères des Hommes
(1) Occupation des terres de grandes propriétés non cultivées. (2) Campements officiels, recevant des subventions pour l’amélioration des conditions de vie des Sans terre.


























