La lutte contre la pauvreté
est un mouvement de libération
L’abolition de la pauvreté vise
la libération des milliards d’êtres
humains soumis sous toutes les
latitudes au régime d’asservissement
et d’humiliation qu’imposent le
dénuement et la précarité permanente.
En activant les aspirations
à la liberté et à l’égalité,
en secouant le joug du fatalisme,
en desserrant les carcans de
la résignation, de la peur et
du désespoir, en s’appuyant sur l’élan
vital de chacun, la lutte contre
la pauvreté galvanise les énergies
émancipatrices au service
du bien commun qu’est la construction
d’une société plus juste.
La force des engagements non-violents
s’oppose à la violence économique
et politique
Alors que la pauvreté et la précarité
insécurisent le quotidien d’un nombre
croissant d’êtres humains, alors que
l’uniformisation brutale imposée par
la mondialisation marchande exacerbe
en retour les crispations identitaires
nationalistes et sectaires, les engagements
citoyens non-violents en faveur de
la justice sociale mettent en oeuvre
une démarche pour assurer durablement
la sécurité humaine.
Le choix de la non-violence citoyenne
questionne la légitimité des violences
massives commises au nom de la rentabilité
économique et des intérêts supérieurs
de la Nation.
Tous ces combats citoyens activent
en permanence les fondamentaux non-violents
du pacte démocratique que sont le respect
de la dignité humaine et la primauté
du dialogue et du droit pour réguler
de manière constructive les conflits
inhérents au défi de vivre ensemble.
La lutte contre la pauvreté
et le développement démocratique
sont indissociables
La capacité des populations dominées
à se poser comme des acteurs
économiques, sociaux et citoyens
à part entière repose sur
l’affirmation de l’égalité en dignité
et en droits de tous les humains.
En cherchant à se faire entendre,
à participer au débat collectif,
à peser sur les politiques publiques,
par la protestation comme par
la proposition, les « sans-voix »
apportent une contribution majeure
à l’activation des libertés publiques
et des droits civiques, pour tous.
Partout ces engagements citoyens
rappellent que l’alimentation,
l’habitat, la santé, l’éducation,
l’accès durable aux ressources
naturelles sont des besoins vitaux
et des droits fondamentaux pour
tout le monde.
En soulevant la question de la
représentation et de la participation
des milieux populaires, des femmes,
des minorités ; en poussant les Etats
et les partis politiques à mieux
répondre aux préoccupations et
aux aspirations des populations,
l’affirmation citoyenne des plus
pauvres stimule le progrès
démocratique dans tous les pays.
L’association des solidarités locales et des
solidarités internationales pour abolir la pauvreté
ouvre la perspective d’une mondialisation citoyenne.
Organisations de travailleurs précaires, syndicats
d’ouvriers et d’ouvrières, coopératives de petits
paysans et d’artisans, mutuelles de microcrédit,
mouvements de sans-terre, de jeunes, de femmes,
groupements de villageois, d’habitants de quartiers
populaires… Nombre d’actions menées par
les populations pauvres pour faire valoir
leurs droits et améliorer leurs conditions de vie
revêtent un caractère collectif et solidaire.
En faisant le lien entre engagements personnels,
pratiques de terrain et politiques publiques, en
informant sur la vitalité des initiatives locales,
l’action associative solidaire est une forme
essentielle d’éducation populaire à la citoyenneté
et de diffusion des pratiques démocratiques.
Depuis plus de 40 ans, hommes et femmes dans Frères des Hommes agissent en partenariat avec des organisations populaires engagées dans le développement de la démocratie citoyenne en Afrique, en Asie, en Amérique latine et aux Caraïbes. Et c’est ensemble que se construisent des initiatives communes avec d’autres partenaires en France et en Europe. Nous avons appris comment ces multiples pratiques sur la durée apportent la preuve du formidable potentiel des engagements citoyens solidaires pour combattre la pauvreté et élargir les espaces démocratiques partout dans le monde.









