Formation Hemispheres - Sénégal, Inde, Europe, regards croisés sur les migrations

« Migration, développement et mondialisation – quelles interactions ? » C’était le thème de la quatrième session de la formation-action Hemispheres, qui a eu lieu à Paris, en avril 2010. Représentant deux structures partenaires de Frères des Hommes, Ndiakhate Fall (Sénégal) et Duarte Barreto (Inde) sont venus former 17 jeunes Européens sur cette thématique, leur donnant l’occasion de découvrir les contextes dans lesquels ils travaillent et d’enrichir leur réflexion.

Fedina, partenaire de Frères des Hommes, accompagne les habitants des bidonvilles, qui sont souvent des migrants ayant fui les campagnes et la pauvreté pour venir travailler dans la construction ou le textile. Pour Duarte Barreto, directeur de Fedina, « Il est important de ne pas voir la migration seulement comme un phénomène global, mais de mettre également en lumière les groupes spécifiques qui migrent, les classes sociales concernées et de travailler avec ces migrants après leur périple. Pour moi, intervenir sur Hemispheres est une opportunité d’élargir l’horizon de ces jeunes Européens sur le sujet de la migration, par ma connaissance de la société indienne et de ses problèmes, de les faire réfléchir et d’initier un débat. Il ne faut pas seulement qu’ils écoutent. »

Au Sénégal, le problème du chômage, par lequel les jeunes sont grandement concernés, se traduit par une migration importante des zones rurales vers les grandes villes. Initialement, ce phénomène était essentiellement interne. Aujourd’hui, la migration irrégulière vers les pays méditerranéens constitue un grave problème au Sénégal, et plus largement en Afrique de l’Ouest. Ndiakhate Fall, de l’Union des groupements paysans de la région de Méckhé (UGPM), partenaire de Frères des Hommes, s’exprime au sujet de l’échange avec les participants : « Peu de jeunes du groupe ont vécu des situations de migration. Certains ont déjà travaillé sur le sujet dans leur pays, mais les niveaux de compréhension et d’implication ne sont pas les mêmes pour tous. Pourtant, tous sont très intéressés par le thème, ainsi que par la situation migratoire de leur pays, tant au niveau des départs que de l’accueil. L’essentiel, c’est le partage du vécu des gens des pays du Sud avec celui des gens de pays du Nord. Les jeunes ont souvent des échos de ce qui peut se passer en Inde ou au Sénégal, mais c’est parfois très éloigné de la réalité. Il est donc important d’expliquer les vraies causes des migrations, celles des jeunes notamment, et l’impact de la mondialisation sur la question migratoire. »

Pour les jeunes, les intervenants du Sud ont assuré le lien vers l’action concrète, illustrant les informations factuelles avec des exemples vécus. « Les présentations ont été essentielles pour comprendre la réalité des migrants. Elles m’ont donné une vision qui dépasse les mots, pour appréhender les processus à l’œuvre derrière les situations migratoires », conclut l’un d’entre eux.

« Les partenaires du Sud ont aussi pu apprendre des expériences des jeunes du Nord, ce qui fait que c’est un échange réciproque finalement », explique Bastien Fillon, assistant formateur au sein du programme. « Les deux partenaires ont également eu du temps pour se poser des questions entre eux, pour apprendre des méthodes de travail l’un de l’autre. »

Si vous souhaitez de plus amples informations sur Hemispheres, ou si vous êtes intéressés pour y participer, n’hésitez pas à nous contacter. Consultez également le blog des participants

Cet article est paru en avril 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.

Pour la mise en place du projet Hemispheres, Frères des Hommes a reçu le soutien financier de l’Union européenne.

Mise à jour: vendredi 7 mai 2010

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