Formation Hemispheres - Les participants racontent

Ils viennent de France, d’Italie ou d’Espagne et ils ont participé à la 5ème session de la formation-action Hemispheres, sur le thème de l’alimentation. Tous ont des idées foisonnantes, l’envie d’apprendre, de partager des expériences et au final de contribuer à rendre le monde meilleur par des actions concrètes. Ils racontent leurs expériences de cet engagement dans le milieu de la solidarité internationale.

Javier, 21 ans, Espagne – « Aider et être aidé en retour »
Pour Javier, en matière de coopération internationale et notamment sur la question de l’alimentation, « on entend beaucoup de choses, chacun a facilement un point de vue mais ça ne vaut pas grand-chose si nous ne sommes pas véritablement informés. Pour ma part je ne me penchais pas trop sur la question parce que je n’étais pas assez au courant. Maintenant je peux avoir mon avis et ne pas laisser les autres l’avoir pour moi. »

Javier veut finir ses études de chimie et trouver un moyen de mettre ses compétences au service de la solidarité internationale. Sa participation à Hemispheres est son premier engagement important dans ce domaine. « Pour moi la solidarité internationale c’est aider et être aidé en retour : c’est un échange. »

Mathilde, 20 ans, France – « Il faut donner aux populations des outils pour s’en sortir »
Mathilde a passé un an en Colombie lors de sa 2ème année d’étude et a travaillé sur les réformes agraires et les mouvements sociaux dans ce pays. Elle s’apprête aujourd’hui à rentrer en master de coopération internationale et gestion des risques dans les pays du Sud à Sciences Po Bordeaux. Cette session d’Hemispheres est donc dans la continuité de sa formation et lui apporte de véritables bases de connaissances sur le sujet de l’agriculture.
Elle trouve que sa génération n’est pas assez critique face aux discours reçus : « Ce n’est pas un manque de connaissances, c’est plutôt un manque d’analyse, une tendance à rester passif devant ce qui est donné comme information, un manque de recul et de répondant. » Elle apprécie donc pendant la formation la dynamique du groupe et l’engagement des intervenants.

Pour Mathilde la solidarité internationale « permet de mettre en place des projets qui peuvent améliorer durablement les conditions de vie des populations d’un pays, non pas à la manière d’un néo-colonialisme imposé mais bien à travers des interactions entre personnes, des partenariats basés sur une réflexion approfondie ». Elle poursuit : « Distribuer de la nourriture est utile mais insuffisant pour résoudre des problèmes alimentaires dans un pays. Il faut donner aux populations des outils pour s’en sortir, non une solution déjà toute faite. »

Albertina, 26 ans, Italie - « Chacun doit contribuer à faire changer les choses ! »
« Quand j’ai appris l’existence du programme Hemispheres par l’association Lunaria en Italie, j’ai voulu y participer. J’avais envie de mieux connaitre le Mouvement des sans-terre (MST) tout en ayant la possibilité de faire des actions concrètes, c’est exactement ce que proposait Frères des Hommes ! »

Albertina a fait un master de coopération internationale et développement à Rome, puis un stage dans une ONG qui travaille avec des sans-terre. « La solidarité internationale permet des échanges qui se font d’égal à égal, sans la suprématie d’une seule opinion car personne n’est supérieur en la matière. » Avec la formation, elle comprend que pour changer les choses à travers le monde, il faut commencer par changer la façon de consommer, au Nord comme au Sud : « En tant qu’être humain, il est parfois difficile de trouver une motivation suffisante pour agir autour de nous et penser que cela puisse avoir un impact, d’où l’importance d’être formé et sensibilisé. Cette formation nous ouvre vraiment de nouveaux horizons. »

Elle voudrait travailler dans la coopération en restant dans le Nord.« Tout est lié, économiquement parlant. Chacun doit contribuer autour de soi à faire changer les choses. C’est autour de nous que ça commence, et c’est déjà beaucoup de travail ! ». Mais ce sera dans un second temps, car pour l’instant elle s’apprête à partir 6 mois au Malawi dans le cadre du volontariat international !

Félix, 19 ans, France – « Je réalise tout ce qu’il est possible de faire »
Qu’est-ce qui vient à l’esprit de Félix en pensant à Hemispheres ? La solidarité : « On parle beaucoup de solidarité ici, celle qui concerne le genre humain en général, mais au final cette solidarité infuse et s’installe entre nous, et c’est ça qui crée ici, à Hemispheres, quelque chose de spécial et de fort. »

A Sciences Po Grenoble depuis 2 ans, Félix s’oriente vers le domaine des échanges internationaux. Peu à peu il s’intéresse à des actions de bénévolat international, ce qui l’amène à prendre connaissance du programme Hemispheres : « Je prévois de faire un mémoire sur le secteur de la politique et de l’environnement, d’où mon intérêt pour le thème de la session. Et je ne suis pas déçu ! » Il craignait de se heurter à un utopisme peu pragmatique. Or en rencontrant des acteurs engagés et des jeunes dynamiques, il a compris comment les actions de solidarité pouvaient changer réellement la vie des populations : « Les intervenants parlent moins qu’ils n’agissent, ils ont des objectifs précis et leurs actions ont une réelle portée. Etre à leur contact est une expérience incroyable. Je n’aurais jamais cru pouvoir me sentir aussi concerné par les problématiques paysannes que je ne le suis désormais ! »

Suite à cette formation, Félix a changé sa vision de la solidarité internationale : « J’ai compris que les gens qui agissent en faveur de la solidarité internationale ont pour rôle de pointer les insuffisances d’un système et de lutter pour le changement. »

C’est sur le plan humain que cette formation l’a enrichi : « Je réalise tout ce qu’il est possible de faire en tant qu’humain, que Français, que Grenoblois. C’est ma conscience qui s’accroît, je suis plus concerné par ce qui m’entoure. Le travail des AMAP (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), le développement durable ou le combat pour la consommation locale… ça n’est pas simplement une question de bien-être, c’est une façon de désamorcer un engrenage qui fait que les richesses du Nord aggravent la pauvreté du Sud. Je vais vraiment essayer de transformer ce que j’ai appris en actions réussies dès que je serai rentré à Grenoble ! »

Si vous souhaitez de plus amples informations sur Hemispheres, ou si vous êtes intéressés pour y participer, n’hésitez pas à nous contacter.
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Cet article est paru en septembre 2010 dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes de Frères des Hommes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.

Pour la mise en place du projet Hemispheres, Frères des Hommes a reçu le soutien financier de l’Union européenne.

Mise à jour: mardi 14 septembre 2010

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