Pour quelques pesos ...
Qu’est-ce qui t’a amené à Frères des Hommes et à ces questions de solidarité internationale ?
C’est à la suite d’une première expérience de près d’un an sur le sol Latino américain que j’ai découvert la réalité du Tiers monde.
Des bidonvilles à perte de vue autour des grandes villes. Des gens, des enfants qui mendient, dorment, vivent dans la rue. Des villages sans eaux ni électricité. Des économies informelles marquées par l’abondance de travailleurs des rues qui vendent tout et n’importe quoi pour gagner quelques soles ou pesos.
De pays en pays, j’ai par exemple pu découvrir un village d’écotourisme en Bolivie qui fait bénéficier sa population de l’impact économique du tourisme et protége par la même occasion son environnement. J’ai par ailleurs pris contact avec une association dans un bidonville en Equateur qui a ouvert une bibliothèque pour les enfants et adolescents, favorisant ainsi un meilleur accès à l’éducation.
Une autre expérience de quelques mois m’a conduite aux Philippines comme volontaire au sein d’une importante fondation pour enfants des rues. Volontariat qui m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement d’une organisation non gouvernementale, l’ampleur des programmes et des stratégies qui peuvent être mis en place.
Deux expériences qui m’ont conduites à m’intéresser à l’humanitaire et à la question du développement et de ses stratégies ainsi qu’au rôle des populations locales dans leur propre processus de développement. C’est pour mieux comprendre les fondements, les enjeux et les défis du développement que j’ai intégré en novembre dernier la filière « Humanitaire et développement » de l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux.
Et c’est ainsi que dans le cadre de ma formation universitaire, j’ai choisi l’ONG Frères des Hommes à Paris et son partenaire indien FEDINA à Bangalore en Inde. Frères des Hommes qui soutient financièrement des projets de développement crées et menés par des organisations locales du Sud.
Que retiens-tu de ton passage chez notre partenaire ?
FEDINA mène principalement des projets de lutte contre les discriminations et pour le droit du travail en Inde en coordonnant les activités d’un réseau de quatorze ONG. Réseau qui appuie, par exemple les travailleurs du secteur informel autour de la campagne nationale pour la sécurité sociale.
C’est sur la base d’un tel réseau que FEDINA fait du lobbying auprès des panchayats, des districts et du gouvernement fédéral de New-Dehli. C’est grâce aux manifestations organisées par FEDINA que se sont créés les Well far board : ces institutions gouvernementales qui gèrent la question de la sécurité sociale auprès de leurs membres.
J’ai également pu travailler sur la protection sociale des travailleurs du textile en faisant des enquêtes de terrain. Terrain où j’ai récupéré des informations pour FEDINA et Frères des Hommes afin de pouvoir monter un projet modulaire. Ce que je retiens surtout de cette expérience c’est la forte mobilisation des ONG locales, en Inde.
En quoi cette expérience t’a-t-elle enrichie ?
Mon stage et mes recherches en Inde se sont centrés sur la situation des travailleurs ruraux : le travail forcé, la parité homme femme… Et les stratégies de ces travailleurs et de l’ONG FEDINA pour revendiquer des droits ou simplement faire respecter ceux acquis.
Notre partenaire FEDINA m’a apporté une vision plus claire de ce que pouvait être le développement en milieu rural. Ce stage m’a permis d’enrichir mes connaissances sur le développement et de les ouvrir à de nouvelles problématiques : celles des droits du travail dans le contexte très spécifique de l’Inde rurale.


























