El Hadji, un généreux formateur

Responsable du suivi des formations de la Kora-PRD dans la région de Matam, El Hadji Bara Kane nous éclaire sur son rôle au sein de cette association. Pilotage des actions menées, tâches administratives, soutien aux artisans isolés : nombreuses sont les missions auxquelles il doit faire face. Retour sur son parcours et sur les attentes suscitées par les formations qu’il coordonne.

Pourquoi avoir choisi de travailler dans le secteur de la menuiserie artisanale ? Je suis né dans une famille artisanale. Depuis tout petit, j’ai été bercé dans cet univers. L’artisanat est un secteur qui m’attire. Même si j’ai fait des études à l’université, j’avais toujours le nez fourré dans les ateliers de mon père (menuisier) et de mon oncle (bijoutier). C’est ce qui a fait qu’aujourd’hui j’évolue encore autour de ce domaine.

Quel a été votre parcours au sein de la Kora-PRD ? A partir de 2009, j’ai commencé à travailler comme animateur pour la Kora-PRD à Touba (ouest du Sénégal). Une fois que les activités fonctionnaient bien, je suis parti pour Kaolack (centre-ouest du pays) pour faciliter le développement de nos actions dans cette région. J’y suis resté à peu près 1 an. Ensuite, j’ai pris la direction de Matam. J’y suis depuis octobre 2011.

Pensez-vous que les formations se sont améliorées au cours de toutes ces années ? Bien sûr, on constate de nombreux progrès. D’abord sur le plan « moral ». C’est à dire au niveau de l’implication des participants, mais aussi au niveau des connaissances acquises. Ensuite, on note une amélioration sur le plan « matériel » avec des produits de meilleure qualité. De même, les formations sont beaucoup plus structurées, ce qui les bonifie. Qui dit meilleurs enseignements, dit apprentis plus efficaces.

Comment sont perçues les formations ? De manière générale, elles sont très bien perçues. Ici, c’est la 1re fois qu’une ONG met en place des formations à destination des jeunes qui travaillent dans le secteur informel. Nous bénéficions donc d’une bonne image.

Quelles sont les attentes autour de ces formations ? Les artisans espèrent recevoir un apprentissage qui leur permet de concevoir des meubles de meilleure qualité en adéquation avec les attentes du marché. Les apprentis ont soif d’apprendre, mais leurs lacunes sont nombreuses. Ce qu’ils souhaitent ? Une éducation solide pour envisager l’avenir plus sereinement. Les familles attendent beaucoup de ces programmes. Vous savez, ici la vie n’est pas facile. Une formation qui peut les aider à entrevoir l’avenir plus paisiblement est tout de suite bien perçue. Les familles soutiennent donc à 100% les apprentis.

Quelles relations entretenez vous avec les autorités locales ? La région de Matam est une région créée récemment (2001). Au niveau de son organisation, il y a encore beaucoup de choses à perfectionner. C’est pourquoi parfois nous éprouvons des difficultés à nous faire entendre auprès des autorités. Mais de manière générale, ils sont très réceptifs à nos requêtes. Mais tout ne peut pas se régler rapidement. L’important est de faire les choses tranquillement et sûrement. Je pense donc qu’une meilleure communication permettraient d’améliorer notre « entente », ce qui bien évidemment ne pourra être que bénéfique pour les formations

Cet article fait partie du Grand Angle de Résonances de mars 2012.
Vous pouvez retrouver les autres articles de ce Grand Angle :

- La formation pour lutter contre la pauvreté
- Promouvoir le “Made in Sénégal”
- Le renforcement institutionnel de l’ONP Bois

Cet article est paru dans Résonances, mensuel d’informations citoyennes réalisé par des jeunes militants. Pour découvrir les autres articles de ce numéro, cliquez ici.
Mise à jour: lundi 26 mars 2012